Depuis 17 ans, la gratuité des transports en commun est un acquis pour les habitants du pays d'Aubagne et de l'Étoile. Cependant, un rapport récemment publié par la Chambre régionale des comptes (CRC) remet en question cette pratique, suscitant des inquiétudes parmi les citoyens.
Lors d'une manifestation ce samedi matin devant la gare d'Aubagne, plus d'une centaine de personnes, membres de l'association Se Déplacer en Liberté (ASDEL), se sont rassemblées pour exprimer leur désaccord. Jean-Pierre Squillari, le maire divers-gauche d'Aubagne, a affirmé, face à cette suggestion, qu'il est "hors de question de renoncer à cet acquis".
Un droit menacé par des considérations budgétaires
Le rapport de la CRC propose de "réinterroger" la gratuité des transports, la qualifiant de coût de "1 million 8 sur un an". Squillari souligne qu’"il ne faut pas croire que la suppression de la gratuité générera des économies sans coûts supplémentaires\", ajoutant la nécessité d’instituer des systèmes de billetterie, des contrôleurs, et autres dépenses potentielles.
Des voix s'élèvent contre l'inégalité
Les manifestants, tels que Paloma, une lycéenne venue d'Auriol, mettent en avant l’inégalité que cela pourrait engendrer : "Payer 50 centimes ou 1 euro pour prendre le bus, c'est une surcharge inacceptable pour ceux qui n'ont pas les moyens". Sylviane, une retraitée aubagnaise, exprime également son inquiétude quant à l'isolement que pourrait provoquer cette décision, affirmant que "la gratuité est essentielle pour maintenir le lien social, surtout pour les personnes âgées".
Une question d'écologie et d'avenir
Des élus d'Auriol ont également pris part à la manifestation, dénonçant la décision comme un "non-sens écologique". Un conseiller a déclaré : "Rendre les transports payants va inciter des gens à reprendre leur voiture, ce qui aggravera la pollution". Le maire d'Aubagne partage cette préoccupation, indiquant qu'"dans un futur proche, nous devrions tendre vers la gratuité dans tous les transports".
Vers une décision du préfet
Malgré les craintes des habitants, la métropole espère réaliser des économies de près de 2 millions d'euros par an, permettant ainsi de réduire un trou budgétaire de 144 millions d’euros. Cependant, le préfet devra désormais trancher sur ces préconisations. Les habitants d'Aubagne restent unis, affirmant fermement : "La gratuité, ça fait 17 ans qu'on l'a. C'est hors de question qu'on y renonce".
En somme, la bataille pour la gratuité des transports en commun à Aubagne se poursuit, opposant intérêts budgétaires et droits sociaux.







