À Carpentras, la décision du maire RN, Hervé de Lépinau, de couper la subvention municipale de 3 000 euros au Planning familial génère une onde de choc. L’association, immédiatement touchée par cette perte, a réagi en lançant un appel aux dons qui a permis de récolter plus de 4 000 euros en moins de 24 heures.
Lors d’un récent conseil municipal, tenu le 5 juin, Hervé de Lépinau justifie sa décision par un impératif d’économies, évoquant "la situation budgétaire calamiteuse de la ville, héritée de l’ancienne majorité". Le maire déclare vouloir "redoubler de rigueur dans sa gestion financière".
Cependant, les véritables raisons semblent être davantage polémiques. Lépinau reproche au Planning familial d’avoir "dépassé deux lignes rouges", citant son opposition affichée au RN et une campagne affirmant que "des hommes aussi peuvent être enceints".
Une idéologie controversée au cœur des débats
Dans un communiqué daté du 9 juin, le maire qualifie le Planning familial de "largement éloigné de son objectif premier", le qualifiant même d’"avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme".
Les réactions ne se sont pas faites attendre : en 2020, Lépinau avait suscité la polémique avec des comparaisons controversées entre l’avortement et le génocide.
Solidarité citoyenne en réponse à la suppression de fonds
Face à cette situation critique, le Planning familial a mobilisé les citoyens grâce à un appel aux dons qui a affiché un succès remarquable. Anne-Lise Nadaud, présidente de l’association dans le Vaucluse, a déclaré à l’AFP : "On est dans le combat d’idées, leurs valeurs sont fondamentalement opposées aux nôtres".
Dans un autre communiqué, l’association souligne que cette décision s’inscrit dans une tendance inquiétante d’attaques contre les structures féministes et de défense des droits, orchestrées par des mouvements qualifiés de "conservateurs anti droits". Le Planning familial rappelle son statut : "Nous ne sommes pas un service de l’État et n’avons donc pas à être neutres", affirmant son droit à une défense active d’un projet féministe et émancipateur.
Elle appelle donc les élus à soutenir les associations féministes sur tout le territoire français, afin de garantir leur capacité à agir grâce à des subventions publiques : "Nous voulons poursuivre notre travail d’éducation à la sexualité et d’accompagnement des publics vulnérables".







