Le vallon des Auffes, un petit port en bord de mer à Marseille, subit une affluence touristique sans précédent, entraînant des frustrations parmi ses résidents. Les habitants, fatigués par le flux incessant de visiteurs, se regroupent pour s'opposer à un projet d'ouverture d'un nouveau restaurant, qui ne fait qu'aggraver la situation.
Au cœur de ce charmant endroit réputé pour sa beauté pittoresque et ses paysages marins, les résidents expriment leur mécontentement face aux nuisances sonores et aux comportements inciviques qui accompagnent le surtourisme. « Le soir, c’est l’angoisse, on peut compter jusqu’à 500 personnes qui investissent les quais », déplore Fabienne, une habitante. Serge, 72 ans, souligne que la situation devient insupportable et évoque des scènes de désordre, avec des détritus laissés par les touristes. Il déclare : « On dirait des sardines ! »
Un patrimoine en péril
Le flot de touristes a transformé le quartier, autrefois paisible, en un lieu de passage rapide. Guy, un résident de longue date, raconte comment l’ouverture d’un bar local il y a une décennie a marqué le début de la dégradation de leur cadre de vie. « Ça nous a attiré toute la misère de la ville », accuse-t-il, se référant à la hausse des prix et à la vacance croissante des logements, remplacés par des locations touristiques comme des Airbnb.
Les anciens du quartier, comme Patrick, se souviennent d’une époque où la communauté comptait encore près de 400 habitants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 150. « Les gens veulent vendre pour profiter de la hausse des valeurs immobilières, mais à quel prix ? » interroge-t-il.
Rassemblement et espoir
Vendredi dernier, sous une banderole criant « Non à l'ouverture d'un sixième restaurant », une vingtaine d'habitants se sont rassemblés pour faire entendre leur voix. Ils craignent que la mise en place d'un nouvel établissement ne fasse qu'empirer les problèmes existants. La mairie de Marseille a promis d'écouter ces préoccupations. Audrey Gatian, adjointe au maire, assure qu'il est impératif de valoriser le patrimoine tout en reconnaissant les défis posés par la pression touristique.
Vers une solution équilibrée
Le projet en question, dirigé par l'entrepreneur Michel Athenour, prévoit la création d’un espace culturel et convivial, avec des hébergements pour artistes et une salle d’exposition. Cependant, il fait face à une forte opposition. « Nous n’avons pas besoin d’un autre restaurant, mais d’espaces qui répondent aux besoins de la communauté », clame un résident. Certains ont même proposé des idées alternatives, comme l'installation de sanitaires publics pour améliorer le cadre de vie.
Il est clair que le débat autour du surtourisme à Marseille est complexe et passionné, reflétant les tensions entre le besoin d'attraction touristique et la préservation de la qualité de vie des résidents. « Le bon et le mauvais touriste existent, mais il est important de ne pas oublier la population locale », rappelle Oscar, un jeune travaillant dans la restauration.
La réalité est que le quartier, tout en étant un joyau marseillais, doit trouver un équilibre entre ses besoins historiques et l'afflux de visiteurs, une tâche ardue qui nécessitera écoute et engagement de toutes les parties prenantes.







