Originaire d'Arles, Antoine-Marius Martin, a dirigé l'école des Beaux-Arts à Abbeville entre 1903 et 1917. Au-delà de ce rôle, il était également un artiste prolifique dont l'héritage perdure encore aujourd'hui grâce à la préservation de ses œuvres par sa famille, qui les a léguées à la bibliothèque patrimoniale d'Abbeville à sa mort en 1955.
Les pièces conservées dans les réserves de la bibliothèque d'Abbeville, à l'abri de la lumière, révèlent une richesse artistique impressionnante : dessins, aquarelles et gravures sur bois ou cuivre, totalisant plusieurs centaines d'œuvres de Martin. Comme le souligne la médiatrice Jeanne Desbureaux : "C'est un dessin d'une servante en plein ménage, illustrant son travail acharné, une véritable capture de la vie quotidienne de l'époque. La perspective, sa posture, tout évoque sa fatigue."
Artiste respecté qui a exposé dans les plus grands salons, Martin ne se contentait pas de représenter les beaux quartiers parisiens. Son œuvre offre aussi un regard presque documentaire sur son époque, incluant des scènes de métiers modestes, comme celle de la fileuse de laine, et des moments de la vie quotidienne.
Chroniqueur de guerre
Essentiel dans son travail artistique, Martin s'est également fait le témoin d'un chapitre méconnu de l'histoire : la présence d'un centre médical vétérinaire britannique durant la Première Guerre mondiale à Abbeville. Près de 3000 chevaux, également traumat beaucoup par les conflits, y recevaient des soins. Éric Berriahi, directeur de la bibliothèque patrimoniale, explique : "Les soins étaient très avancés pour l'époque ; des bains de chaux et même des salles d'opération étaient à la disposition des vétérinaires."
Le témoignage de Martin sur ce lieu, en parallèle de l'implication émotionnelle envers ces animaux, ajoute une dimension poignante à son œuvre. Ses dessins illustrent les conditions difficiles des chevaux blessés, des moments de soin rappelant les premières cliniques vétérinaires modernes.
Aujourd'hui, certaines œuvres de Marius Martin sont présentées lors d'expositions temporaires, et un projet de numérisation complète de la collection est envisagé, pour rendre hommage à ce créateur dont la voix artistique reste d'une grande valeur historique.
Reportage de Marie Roussel, Guillaume Destombes et Sébastien Le Fur / FTV
Sources: France 3 - Hauts-de-France, France Télévisions.







