Le 16 juin, le tribunal de Bayonne a accueilli une réunion publique inédite animée par les magistrates Mariel Garrigos et Florence Bouvier, attirant près de cinquante citoyens. Cette initiative visait à expliquer le fonctionnement de l'institution judiciaire dans le contexte troublé de l'affaire Lyhanna, qui continue de susciter colère et incompréhension.
Dans une salle d'audience émue, de nombreux participants, déjà exprimant leur mécontentement lors d'un rassemblement le 8 juin, se sont réunis pour interroger les magistrates sur les dysfonctionnements perçus. "Nous ne comprenons pas ce qu'il se passe derrière ces murs", ont exprimé certains, reflet d'une inquiétude vaste sur l'état de la justice.
Un contexte dégradé
Florence Bouvier a souligné l'impact émotionnel de l'affaire sur l'institution. "C'est un séisme", a-t-elle déclaré, reconnaissant que la défaillance de confiance entre la justice et la population soulève des questions cruciales pour la démocratie. "Nous voulons comprendre cette défiance et rétablir une communication sincère", a-t-elle ajouté.
Les chiffres partagés lors de cette réunion étaient révélateurs : pour un ressort de plus de 320 000 habitants, seulement vingt magistrats se partagent la charge d'environ 23 000 procédures, dont 208 sont des cas de violences sur mineurs. Ce constat amène Mariel Garrigos à dénoncer les insuffisances du système – "un engagement individuel ne suffit plus face à l'ampleur des besoins", explique-t-elle, tout en évoquant le soutien du ministre de la Justice pour accélérer la prise en charge de certains dossiers.
"S'il n'y a plus de confiance entre notre institution et la population, cela pose de vraies questions pour la démocratie"
Les justiciables présents ont exprimé des préoccupations variées, allant des priorisations des dossiers à la nécessité de former adéquatement les premiers intervenants. Des voix se sont élevées, demandant une meilleure écoute des victimes et une réactivité accrue du système judiciaire. "Je vous en prie, entendez les victimes!" a imploré un participant, soucieux de voir le processus judiciaire évoluer.
Pour Mariel Garrigos, l'optimisme reste de mise : "De chaque crise peut sortir quelque chose de constructif. Espérons que cette période difficile nous pousse à améliorer nos pratiques." La réunion s'est conclue par une salve d'applaudissements, une rareté dans un tribunal, témoignant du besoin d'une telle rencontre.







