Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a salué le nouveau texte législatif qui, selon lui, "tire les leçons" du meurtre tragique d'une jeune Philippine en 2024, visant à corriger des "dysfonctionnements objectifs".
Le 16 juin, le Parlement a approuvé un allongement de la durée de rétention administrative pour les étrangers en situation irrégulière considérés comme dangereux. Après le vote du Sénat, les députés ont entériné la proposition de loi par 345 voix pour et 177 contre. Cette mesure, qui suscite des critiques, notamment de la gauche, est soutenue par la droite et le Rassemblement national et est présentée comme une réponse au meurtre de la jeune Philippine en 2024.
Défendue par l'élu Renaissance Charles Rodwell, le texte est considéré comme un hommage à la victime et une nécessité pour la sécurité publique. "Philippine habitait ma circonscription. Sa famille y vit encore. C'est en mémoire d'elle que nous portons ce texte", a déclaré Rodwell. Laurent Nunez a également exprimé son soutien, affirmant que ce texte "tire les leçons de ce drame" en corrigeant des "dysfonctionnements".
Le suspect, un homme marocain accusé de plusieurs crimes, était sous une obligation de quitter le territoire (OQTF) et venait de sortir de rétention. Actuellement, la durée maximale de rétention est de 90 jours, avec une extension à 180 jours pour des cas liés au terrorisme. Cette nouvelle loi pourrait porter ce délai à 210 jours dans des cas "exceptionnels", lorsque les étrangers représentant une menace "réelle, actuelle et d'une particulière gravité" pour l'ordre public sont concernés.
Plus de 40 000 retenus en 2024
Des critiques émergent : l'insoumis Andy Kerbrat a déclaré que "cette loi n'aurait pas sauvé" la vie de Philippine, évoquant que son meurtrier présumé avait été libéré "au bout de 70 jours, bien avant le plafond légal actuel". Le socialiste Romain Eskenazi a dénoncé le texte comme étant un "coup de communication", arguant qu'il "mélange tout". En revanche, l'extrême droite a soutenu que "le pays" avait "bien besoin" de cette loi.
En 2024, plus de 40 000 personnes ont été retenues dans des centres de rétention administrative. Selon des associations, les conditions de vie y sont préoccupantes, et l'allongement de la durée de rétention est vu comme inefficace, les expulsions survenant généralement dans les premières semaines. Ces derniers soulignent qu'il est essentiel de réévaluer cette législation afin de protéger à la fois les citoyens et les droits humains.







