Les vagues de chaleur sont responsables de plus de 5 398 décès chaque année en France, selon une étude d'Oxfam publiée ce jeudi et analysée par franceinfo et France Inter. Alors que le pays a récemment subi la vague de chaleur la plus précoce de son histoire, l'ONG souligne une crise sanitaire que les autorités semblent ignorer.
Les effets des vagues de chaleur, souvent dédramatisés, vont bien au-delà de la simple déshydratation des personnes âgées. Selon le rapport, le risque de décès par infarctus augmente de 7 % durant les jours les plus chauds de l'année, frappant particulièrement les femmes qui en sont les victimes deux fois plus. De plus, les épisodes caniculaires de plus d'une semaine accroissent le risque d'insuffisance rénale aiguë de 70 %.
"On n'est pas prêts", estime Oxfam
La canicule de mai dernier a révélé une vulnérabilité accrue chez les jeunes, notamment ceux de 15 à 44 ans. Cécile Duflot, la directrice générale d'Oxfam France, critique vivement l'inefficacité des politiques publiques actuelles. "Bien que la prévention pour les personnes âgées ait progressé, nous avons négligé les moins de 45 ans, qui ont été particulièrement touchés par cette vague de chaleur", déclare-t-elle à France Inter. Elle insiste sur l'urgence d'une réponse adaptée, soulignant l'absence d'un plan global pour faire face à la chaleur, juxtaposition notoire d'un plan financé pour le grand froid.
Les inégalités sociales exacerbées par le réchauffement climatique font également réfléchir : en 2025, le taux de mortalité associé à la chaleur dans les départements les plus pauvres pourrait dépasser celui des départements riches de 31 %. Robin Ehl, responsable campagne et plaidoyer chez Oxfam, appelle à la rénovation urgente des logements pour réduire le risque de surexposition à la chaleur, notant que des travaux de rénovation pourraient entraîner une économie significative en frais de santé.
Une fragilité du système de santé
Oxfam met également en lumière la précarité du système de santé face au changement climatique, signalant qu'environ 37 % des hôpitaux se trouvent dans des zones inondables. Les demandes d'économies dans le secteur hospitalier à un moment où les besoins s'intensifient sont décrites comme "irresponsables" par Robin Ehl.
Face à cette convergence de crises climatique, sanitaire et sociale, Oxfam estime que seulement 17 mois de bénéfices de TotalEnergies suffiraient à financer les investissements nécessaires pour adapter le secteur jusqu'en 2050. "La conjonction de la crise climatique et du système de santé pourrait mener à une catastrophe si rien n'est entrepris", conclut Oxfam.







