Dans une démarche sans précédent, le Secours catholique a annoncé la suspension de ses maraudes pour une semaine, une action rare après dix ans d'engagement ininterrompu. Baptiste Jeansoulin, référent de la tournée à Marseille, décrit cette décision comme « douloureuse » mais impérative face à l'augmentation alarmante de la précarité dans la ville.
En 2023, l'association a enregistré environ 30 000 interactions avec des personnes en difficulté, une hausse de 15 % par rapport à l'année précédente, et ce chiffre illustre une tendance préoccupante de l'exclusion sociale. Malgré un appel à l'aide adressé à la préfecture, aucune réponse concrète n'a été reçue, laissant les volontaires dans une situation de désarroi.
« Une décision politique »
Pour faire entendre son message, le Secours catholique a organisé une soupe fraternelle devant la préfecture afin de sensibiliser le public sur les enjeux de la précarité. Selon Baptiste Jeansoulin, de nombreuses personnes bénéficiaires de l'aide sont désormais employées ou même hébergées, mais continuent de recourir aux services du Secours pour accéder à des repas.
Alors que le nombre de personnes en difficulté ne cesse d'augmenter, les bénévoles se trouvent submergés et incapables de remplir leur mission première qui consiste à établir un dialogue avec les plus vulnérables. L'association appelle ainsi à des mesures gouvernementales urgentes pour créer davantage de places d'hébergement et d'espaces de restauration dignes pour les sans-abri. "La précarité n'est pas une fatalité, elle résulte aussi de choix politiques", insiste Baptiste Jeansoulin, soulignant la nécessité d'une action politique forte et efficace.







