Démarrée en 2011, la plateforme J'aime l'info a rapidement évolué pour devenir l'un des principaux moyens de financement de la presse numérique en France, atteignant 7,8 millions d'euros collectés en 2024. Une étude récente de l'Observatoire du journalisme (OJIM) met en lumière la complexité de cette initiative, à la fois soulignée pour son pluralisme et critiquée pour ses méthodes de gouvernance.
Selon le rapport de l'OJIM, J'aime l'info fonctionne comme une association loi 1901, permettant à des donateurs de contribuer financièrement aux médias de leur choix. La plateforme facilite cette démarche en centralisant les dons et en fournissant des reçus fiscaux, ce qui permet aux donateurs de bénéficier d'une réduction d'impôt de 66 %. Les médias participants reçoivent le montant collecté, moins une commission de 5 %.
Pour s'inscrire à cette initiative, les sites de presse en ligne doivent prouver qu'ils produisent régulièrement du contenu original et qu'ils respectent certaines normes de transparence. J'aime l'info, fondée par Rue89 et le Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), s'est affirmée comme un acteur clé du financement participatif des médias en France, en réponse à l'évolution des modes de consommation de l'actualité.
Une plateforme étroitement liée au SPIIL
Bien que J'aime l'info affirme son indépendance, ses liens avec le SPIIL soulèvent des questions quant à la transparence de son fonctionnement. Le SPIIL est responsable de l'administration de la plateforme. Ce syndicat, qui regroupe plus de 270 membres, a été fondé par plusieurs médias reconnus tels que Mediapart et Slate. Les connexions personnelles entre les dirigeants des deux organisations sont aussi à souligner, notamment Laurent Mauriac, qui copréside J'aime l'info tout en ayant un rôle au sein du SPIIL. Cette imbrication soulève des inquiétudes concernant la gouvernance et l'éthique des opérations financières.
En ce qui concerne les montants récoltés, il est intéressant de noter que la plateforme a vu un accroissement significatif des dons, passant de 5 millions d'euros en 2023 à 7,8 millions en 2024. Cela souligne le besoin croissant de financement alternatif dans un paysage médiatique en mutation.
Un financement devenu stratégique pour certains médias
Actuellement, J'aime l'info soutient plus d'une centaine de médias, la majorité figure à gauche de l'échiquier politique. Parmi eux, des titres comme Mediapart, StreetPress, et Alternatives Économiques bénéficient de cette aide. Cependant, certains médias identifiés à droite, tels que Causeur, font également partie des bénéficiaires, bien qu'en nombre limité. Dans un contexte où la publicité régresse, ces dons sont devenus essentiels pour la viabilité économique de nombreux médias, assurant ainsi leur indépendance vis-à-vis de grands actionnaires privés ou des financements publics.
Laurent Mauriac a récemment affirmé que cette forme de financement est désormais intégrée dans le modèle économique de plusieurs médias. J'aime l'info se présente ainsi comme une alternative à des modèles plus traditionnels, mais la question de la diversité des voix représentées reste cruciale. À mesure que le paysage médiatique évolue, il est impératif de considérer comment ces nouvelles méthodes de financement peuvent façonner le discours public en France.
Finalement, bien que J'aime l'info facilite l'accès à des ressources financières, sa structure et la concentration des genres d’informations qu'elle soutient interpellent sur la représentativité et l’équilibre dans le discours médiatique français.







