Un rapport de l'Institut Montaigne a mis en lumière une augmentation significative des budgets consacrés à la sécurité dans les programmes des candidats pour les élections municipales de 2026. En effet, selon plusieurs enquêtes, la sécurité représente la priorité principale des électeurs, une tendance bien plus marquée par rapport aux élections de 2020.
Le laboratoire d'idées, reconnu pour ses positions libérales, a partagé ses conclusions en avant-première avec des médias tels que France Inter et Le Parisien. L’audit révèle que la hausse des dépenses de sécurité est désormais incontournable dans les propositions des candidats, laissant présager une transformation notable des budgets municipaux.
Le premier poste de dépense pour les municipalités est la police municipale. Depuis 2017, les dépenses dans ce secteur ont connu une flambée de 41 %, alors que d'autres services publics n'ont enregistré qu'une augmentation de 16 % en moyenne. Les candidats de toutes bords, de la gauche à la droite, annoncent une augmentation des effectifs policières. À Paris, les écarts entre les propositions vont de 3.500 à 8.000 policiers municipaux, ce qui pourrait absorber jusqu'à 70 % du budget de sécurité de la ville à la fin du mandat.
Promesses d'installations de nouvelles caméras de vidéosurveillance
Un autre axe de dépenses prévu reste la vidéosurveillance. Actuellement, environ 148.000 caméras sont opérationnelles, un chiffre ayant augmenté de 70 % ces deux dernières années. Les propositions de nouveaux équipements affluent de part et d'autre du spectre politique, avec des exemples concrets. À Lyon, le candidat de la liste Renaissance/LR envisage d'ajouter 600 caméras, pour un coût total estimé à 23 millions d'euros, presque trois fois le coût d'une rénovation d'école. À Marseille, le maire sortant compte doubler le nombre de caméras de surveillance, passant de 1.900 à 3.100.
Cependant, l'Institut Montaigne met en garde contre les chiffres flous avancés par certains candidats, notant que les coûts peuvent dépasser les prévisions. Une attention particulière doit aussi être portée sur l’affectation des policiers, car les campagnes promettent des brigades spécifiques pour lutter contre le narcotrafic, un domaine où les compétences municipales restent limitées. Les enquêtes judiciaires et la lutte contre la criminalité organisée sont principalement du ressort de l'État, selon l’analyse de France Bleu.
La montée en flèche des dépenses de sécurité ne représente donc pas seulement une réaction aux préoccupations des électeurs, mais soulève également des interrogations sur la répartition et la gestion des ressources publiques dans un contexte en mutation.







