La question de l'équité des retraites est plus que jamais d'actualité. Récemment, une étude a mis en lumière les dangers que le nouveau système universel pourrait représenter pour les femmes. Deux facteurs majeurs émergent : l'âge de départ à la retraite et les inégalités liées à la rémunération.
Pour les femmes, la retraite se joue sur le salaire
Une étude publiée fin novembre par l'Institut de la protection sociale a déclenché un vif débat, affirmant que les femmes seraient désavantagées par la réforme des retraites proposée par Jean-Paul Delevoye. Cette étude a été promptement réfutée par le gouvernement, qui a dénoncé des conclusions peu précises. Lors du colloque du Conseil d'orientation des retraites (COR), Delevoye a qualifié le rapport de "curieux", insistant sur le fait qu'il négligeait certains aspects comme l'indexation.
Les mères d'un enfant lésées ?
Le projet de réforme prend en compte une légère pénalisation pour les mères de plus de trois enfants, en augmentant la majoration de pension dès le premier enfant. Actuellement, une majoration de 10 % est octroyée à partir du troisième enfant, mais la réforme la réduirait à 5 % pour le premier. Selon l'Institut, même les mères d'un enfant unique pourraient être désavantagées à cause de la fin de la majoration de la durée d'assurance. Cela signifie qu'elles ne bénéficieront plus de trimestres supplémentaires pour valider leur retraite à taux plein.
Le nouveau système promet des points durant les congés de maternité, mais ne favorisera pas un départ anticipé. Ainsi, bien qu'il soit possible de percevoir des points, il sera toujours nécessaire d'attendre l'âge pivot établi à 64 ans pour éviter d'être pénalisé par une décote.
Des écarts de pension : un déséquilibre persistant
Au-delà de l'âge de départ, les disparités de revenu demeurent préoccupantes. En 2017, les femmes touchaient en moyenne 42 % de pension en moins que les hommes, avec un montant moyen de 1 123 € contre 1 933 € pour les hommes. Bien que l'écart commence à se réduire, il reste important. La rémunération représente les deux tiers des différences de pension, et le temps partiel chez les femmes fait office d'injustice structurelle persistante.
Les stéréotypes de genre continuent de renforcer cette disparité : les mères réduisent leur activité professionnelle pour se consacrer à leurs enfants, augmentant ainsi leur dépendance financière. Frédérique Nortier-Ribordy souligne que "si une femme espère un revenu égal à celui de son mari sur sa vie entière, elle devra vivre jusqu'à 116 ans". Cette situation mérite une attention accrue dans le cadre des discussions sur les retraites.







