De la création de sa première agence à 28 ans au rachat de sa société Muse par Provence Formation, Murielle Baille a forgé un parcours remarquable, ancré dans un refus profond de la routine et une résilience inébranlable. Elle incarne l'image d'une cheffe d'entreprise capable d’adapter son modèle face aux crises tout en transformant l’insertion professionnelle en performance tangible. Son expérience est aujourd'hui au service d'une ambition collective pour la Vallée de l'Huveaune.
À 49 ans, Murielle Baille dégage une énergie sereine, celle de celles qui bâtissent sur le long terme. Mariée et mère de trois fils âgés de 24, 22 et 17 ans, qu'elle décrit comme des "formidables, forcément", elle a su établir un parcours unique entre audace entrepreneuriale et engagement associatif. Originaire de La Ciotat, elle a grandi à Vesoul avant de faire de la Vallée de l'Huveaune son point d'ancrage, tout en maintenant son équilibre à Saint-Cyr-sur-Mer.
Le quai de départ
Initialement, rien ne la destinait à la formation technique. En tant que jeune diplômée en communication, son rêve était d'intégrer une grande entreprise comme Coca-Cola. Cependant, son parcours prend un tournant inattendu lors d'un voyage en train entre Marseille et Nantes, où elle travaille comme hôtesse dans les wagons-lits pour financer sa licence. C'est là qu'elle croise la route de son premier patron, dirigeant d'un centre de formation dans le secteur du nettoyage industriel. L'énergie et la passion de cet homme la poussent à s'installer à Nice, où elle ouvre deux agences Cardem et découvre sa véritable vocation : l'ingénierie de formation.
L’amour et le déclic de la vie "normale"
À Nice, elle rencontre son mari et se rend compte de l'épuisement professionnel : "Ce n’était pas normal de travailler autant". Ce constat l'amène à faire une pause d’un an à La Réunion, période au cours de laquelle elle donne naissance à son premier enfant. De retour en 2001, elle rejoint l'ASP à Marseille, mais l'entreprise ferme alors qu'elle attend son deuxième fils, ce qui la pousse à réfléchir à son avenir.
En 2005, face à l'incertitude, Murielle prend les rênes de son destin. En discutant avec un ancien client incertain, elle s'affirme en déclarant : "Vous savez quoi, je vais monter mon entreprise. Si je suis bonne, vous me gardez, sinon vous m'arrêtez". Ainsi, Muse voit le jour.
De Muse à l’ascension dans l’intérim
Sa carrière prend de l'ampleur. Après avoir dirigé la formation pour le groupe Implis, elle fait le choix de s'investir dans l'intérim d'insertion. Entre 2008 et 2012, elle gère la formation pour Atmos en sous-traitance, avant de devenir présidente des structures d’insertion du groupe suite à une association. C'est durant cette période, en 2008, que son troisième fils vient au monde : "C’est ça les troisièmes, c’est beaucoup plus facile en fait, on les gère mieux". Son parcours est un véritable testament de l'art de la transformation et de la vision entrepreneuriale, inspirant ainsi de nombreuses femmes à suivre un chemin similaire. Comme l'affirme le magazine *Les Echos*, "l'engagement de Murielle pour l'insertion est non seulement louable mais aussi essentiel dans un contexte économique en mutation".







