En France, le concept des toilettes sèches peine à s'imposer dans les foyers, souvent en raison d'un sujet considéré comme tabou et d'une obsession pour l’hygiène. Mais face à la nécessité de réduire notre empreinte écologique, de plus en plus de personnes envisagent d'abandonner les WC traditionnels. Ces alternatives, encore méconnues, offrent plusieurs modèles et avantages. Analysons les toilettes sèches et voyons comment les fabriquer soi-même.
Fonctionnement des toilettes sèches
Les toilettes sèches, parfois appelées toilettes écologiques, ont la particularité de fonctionner sans eau. Leur fonctionnement repose sur une méthode simple : les déjections humaines sont recouvertes de matériaux végétaux tels que de la sciure, des copeaux de bois, ou de la cendre. Ce mélange crée un équilibre entre l'azote et le carbone, à l’opposé des WC classiques qui évacuent directement les eaux usées vers des stations d’épuration.
Ces toilettes fonctionnent grâce à une litière, qui absorbe les déchets et facilite le processus de compostage, prévenant ainsi la fermentation.
Il est essentiel d'effectuer des vidanges régulières de ces toilettes, la fréquence dépendant du nombre d'utilisateurs et du modèle choisi. Cela peut nécessiter une vidange tous les quelques jours ou tous les quelques mois.
Les différents modèles de toilettes sèches
Il existe plusieurs types de toilettes sèches :
- Dispositifs à séparation (automatique ou mécanique) : ces modèles sont conçus pour séparer les déchets solides des liquides. Un ventilateur assèche les matières solides, tandis que les urines peuvent être utilisées comme engrais ou envoyées vers un circuit d’épuration.
Les toilettes sèches manufacturées, bien que performantes, sont souvent jugées coûteuses, allant de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros, selon les options. L’installation peut être réalisée par un professionnel sur devis.
- Dispositifs TLB: ces toilettes, plus simples, ne séparent pas les déchets. Elles nécessitent également l'utilisation d'une litière à chaque passage.
Les atouts des toilettes sèches
Les toilettes sèches présentent plusieurs avantages appréciables :
- Utilisation de papier toilette recyclable, de préférence non blanchi ni coloré.
- Absence d’odeurs grâce à une litière adéquate, comme la sciure fine, qui bloque la fermentation.
- Économie d’eau significative, car les WC traditionnels utilisent jusqu'à 35 % de l'eau potable pour chaque chasse d’eau.
- Aucune dépense pour le traitement des matières, contrairement aux systèmes d’égouts classiques.
- Réduction de la pollution liée aux déjections humaines, sources de contamination des nappes phréatiques.
- Compost utilisable pour le jardin, tout comme les épluchures de légumes.
- Protection des nappes phréatiques contre d’éventuelles contaminations.
- Facilité d'installation par un bricoleur novice.
Pour ceux qui voyagent souvent en camping ou en caravane, les toilettes sèches représentent une solution pratique et efficace.
Mise en place des toilettes sèches TLB
Les toilettes à compost ne nécessitent qu'une pour le matériel et peuvent être réalisées par un bricoleur amateur. La fabrication est simple :
- Construire un caisson en bois à hauteur adéquate et suffisamment robuste.
- Installer une lunette et un couvercle sur le caisson.
- Ajouter un récipient en inox à l'intérieur pour collecter les déchets organiques et la litière, facile à retirer.
Une fois les matériaux réunis, il ne reste plus qu’à se rapprocher d’une scierie pour obtenir une quantité suffisante de litière, et il est important d'anticiper les approvisionnements futurs. Pour une famille de quatre personnes, on estime un besoin de 1 m³ de copeaux tous les deux mois.
Cependant, ces toilettes peuvent s'avérer complexes à utiliser en milieu urbain où le manque de jardin ou d’espace pour le stockage de la litière devient un frein. De plus, la gestion des vidanges peut être un obstacle pour de nombreux foyers. Malgré leurs atouts, les toilettes sèches n’ont pas encore conquis un large public en France.







