La question de l'équité dans la majoration de pension pour les parents de trois enfants ou plus est désormais sur la table. Un rapport de la Drees, publié en 2025, met en lumière une situation préoccupante : ce dispositif profitent principalement aux hommes, accentuant ainsi les inégalités entre les sexes à la retraite.
En 2022, les femmes en France touchaient en moyenne des pensions de droit direct, majorations comprises, 38 % inférieures à celles des hommes. La majoration actuelle de 10 % pour les parents de trois enfants ou plus ne fait qu'ajouter à cette disparité, apportant un soutien moyen de 77 € pour les mères, contre 136 € pour les pères, selon Capital du 22 mai 2025.
Trois propositions pour réduire l'inégalité
Pour remédier à cette situation, la Drees suggère trois scénarios de réforme. La première propose un montant unique de 150 € par mois pour chaque parent. Bien que cette option bénéficierait à 60 % des mères, son impact sur les pensions serait limité, augmentant de seulement 0,3 % celle des femmes, tandis que celle des hommes diminuerait de la même proportion.
Une seconde option viserait à accorder la majoration uniquement aux mères, avec un barème progressif : 3 % pour un enfant, 6 % pour deux, et jusqu'à 13 % pour trois enfants ou plus. Cette mesure conduirait à une augmentation moyenne de 3,3 % pour les femmes nées en 1978, tandis que les hommes verraient leurs pensions diminuer proportionnellement. Cependant, cette mesure aurait peu d'effet sur les inégalités sociales, avec un rapport presque inchangé entre les plus riches et les plus modestes.
Une approche plus audacieuse pour les mères
Enfin, la dernière proposition combine les deux premières idées, visant une correction significative : une majoration forfaitaire pour les mères, qui augmenterait avec le nombre d'enfants (40 € pour un enfant, 80 € pour deux, et 160 € pour trois ou plus). Cette réforme pourrait être la plus efficace, car 81,6 % des femmes de la génération de 1978 verraient leur pension revalorisée d’au moins 1 % en moyenne, tandis que les hommes perdraient environ 3 %. Toutefois, le coût de cette réforme pourrait freiner sa mise en œuvre, étant donné les contraintes financières pesant sur les régimes de retraite.







