Le prunellier (Prunus spinosa) fait partie de la vaste famille des Rosacées, qui regroupe près de 420 espèces d'arbres et d'arbustes. Parmi eux, il narre une belle histoire avec le prunier myrobalan (Prunus cerasifera), tous deux ancêtres du prunier commun (Prunus domestica), dont certains fruits se parent de noms prestigieux, comme la quetsche ou le pruneau d'Agen. Présent dans de nombreuses régions de France et d'Europe, le prunellier prospère dans les haies, les lisières boisées et sur les terrains vagues. Jadis reconnu pour ses propriétés médicinales, il a aujourd’hui conquis les cuisines et les bars.
Le prunier sauvage : témoignage de la nature
Appelé également épine noire, le prunellier est un arbuste buissonnant, dense et épineux, atteignant entre 2 et 3 mètres de hauteur. Sa robustesse le rend peu commun dans nos jardins, pourtant il est idéal pour constituer des haies protectrices. Avec un tronc à l'écorce brun-noir et de nombreux rameaux épineux, il offre de petites feuilles caduques, ovales et vert foncé, qui apparaissent après sa floraison printanière.
Durant les mois de mars à avril, l’arbuste se pare de fleurs blanches à cinq pétales, souvent regroupées en bouquets. Ces fleurs mellifères se transforment en fruits bleu-noirâtre, que l’on peut goûter à l’automne. Il est recommandé de les récolter juste avant les gelées pour réduire leur âpreté, et même de les congeler pour les adoucir davantage.
Propriétés médicinales et récolte
Riches en tanins, les différentes parties du prunier sauvage possèdent des vertus astringentes, traitées autrefois pour réduire la fièvre. Les feuilles, quant à elles, sont réputées pour soulager les infections de la gorge. Les fleurs, en plus d'être laxatives, avaient des applications diurétiques et dépuratives.
- Les prunelles, qui abritent également tanins et acides organiques, sont encore utilisées pour enrayer la diarrhée.
- En infusion, il est possible de préparer une tisane réparatrice avec les fleurs, tandis que les jeunes pousses se collectionnent pour des préparations variées.
Prudence est de mise lors de la cueillette, car l'arbuste se défend avec ses épines. Les produits dérivés comme les extraits ou macérats se trouvent en pharmacie ou en herboristerie.
Un trésor culinaire à redécouvrir
Les prunelles peuvent être consommées crues après une bonne gelée pour en réduire l'astringence, mais elles se transforment principalement en douceurs : confitures, compotes et gelées. Dans le nord de l'Europe, elles se préparent même lactofermentées, semblables à des olives.
Recette de liqueur de prunelle : Mélangez 1 kg de prunelles, 250 g de sucre, et de l'alcool fort comme du gin dans une bouteille hermétique. Laissez macérer deux mois pour obtenir une liqueur aux saveurs aigre-douces irrésistibles.
Recette de troussepinette : Récoltez 1 kg de jeunes pousses, mélangez-les avec 5 litres de vin bio, 1 litre d'eau-de-vie et 0,7 kg de sucre. Laissez macérer un mois avant de filtrer pour savourer un vin traditionnel.
Cultiver le prunellier dans votre jardin
Bien que souvent sauvage, le prunellier peut devenir un atout dans une haie défensive, attirant par la même occasion les oiseaux friands de ses baies. Les variétés ornementales telles que Prunus spinosa 'Rosea' avec des fleurs roses ou Prunus spinosa 'Plena' au feuillage spectaculaire enrichissent la biodiversité de nos jardins.
La plantation s'effectue idéalement à l'automne, que ce soit par drageons ou boutures. Le prunellier prospère dans tout sol bien drainé, à exposition ensoleillée, et requiert peu d'entretien, si ce n'est l’élagage occasionnel des branches encombrantes.







