Et si le sort de la Méditerranée se situait entre 30 et 150 mètres de profondeur ? À Marseille, l’association Septentrion a lancé l’opération Canopée pour explorer et cartographier ces profondeurs encore méconnues.
Dans un cadre enchanteur, au cœur du 8ᵉ arrondissement de Marseille, les chercheurs de l’association Septentrion Environnement ont partagé leur vision d’une initiative qui pourrait transformer notre compréhension de l’écosystème méditerranéen. Marjorie et Tristan, deux chercheurs, font partie d’une équipe engagée dans ce projet innovant.
"Nous nous immergeons dans un avenir caché. Les profondeurs de la Méditerranée, souvent plus inexplorées que la Lune, pourraient devenir un refuge pour de nombreuses espèces menacées par le changement climatique," explique Tristan Estaque, chargé de mission scientifique.
Une zone refuge ?
L’objectif principal de cette initiative est clair : cartographier cette région de la Méditerranée et évaluer sa santé écologique. "On part du constat que c'est une zone souvent laissée sans protection, mais elle abrite une biodiversité riche et diversifiée", souligne Tristan Estaque. Ces profondeurs cachent des « forêts animales marines », notamment des gorgones, qui offrent refuge, zones de ponte et ressources pour de nombreuses espèces de poissons.
Il ajoute, cependant : "Ces forêts, bien qu'elles puissent résister aux variations climatiques, ne sont pas à l’abri des activités humaines telles que la pêche professionnelle ou récréative." L’enjeu est donc de déterminer si cette région constitue réellement un refuge et d'évaluer son degré de dégradation.
Trois ans pour dresser un état des lieux
Ce projet ambitieux, s’étalant sur trois ans avec un budget de 2 millions d’euros, entend explorer ces profondeurs à l’aide de technologies à la pointe comme des drones sous-marins et des robots. "Trois ans seront uniquement consacrés à réaliser un état des lieux le plus complet possible," concède Tristan.
Chaque plongée est une aventure à ne pas manquer, fruit d’une préparation minutieuse. "En général, nous descendons à trois plongeurs. Dans la zone mésophotique, la lumière y est rare, c'est pourquoi nous sommes équipés pour éclairer notre chemin," précise Marjorie Roscian, docteur en biologie chez Septentrion Environnement.
Des solutions au changement climatique
Lorsque l’on atteint ces profondeurs, le temps est compté. "Chaque minute est précieuse. Un protocole rigoureux est fixé pour maximiser notre efficacité lors de nos missions sous-marines," explique Marjorie. Ainsi, une fois en bas, chaque membre de l’équipe déclenche ses appareils pour immortaliser un moment rare, qui ne dure souvent que 30 à 40 minutes, parfois une heure.
Toutes les données recueillies sont ensuite minutieusement analysées. L’espoir est d’apporter des solutions innovantes face aux enjeux climatiques que nous connaissons aujourd’hui, autant en mer que sur terre. Dans ce contexte, le projet Canopée pourrait bien représenter une réponse essentielle à la préservation de la biodiversité marine.
Article rédigé avec l'expertise de Michel Aliaga et Michael Flores, journalistes à France 3 - Provence-Alpes.







