Cate Blanchett, Javier Bardem, Léa Seydoux, John Travolta... Les figures emblématiques du cinéma mondial se retrouveront à partir de mardi prochain à l'occasion de la 79e édition du festival de Cannes. Dans un contexte cinématographique tumultueux, l'événement s'annonce comme une bulle de créativité, bien que les grands studios hollywoodiens brillent par leur absence.
Initialement attendus, les derniers blockbusters de figures telles que Steven Spielberg avec "Disclosure Day" ou Christopher Nolan avec "L'Odyssée" ne fouleront pas le tapis rouge cannois. En revanche, l'an passé, le festival avait fait sensation avec l'avant-première mondiale de "Mission impossible" en présence de Tom Cruise.
Jusqu'à sa conclusion le 23 mai, ce plus grand festival de cinéma au monde pourra cependant compter sur un impressionnant panel de célébrités, parmi lesquelles Penélope Cruz, Adam Driver, Barbra Streisand et Marion Cotillard. Les compétitions pour décrocher la Palme d'or mettront en lice des réalisateurs de renom tels que Pedro Almodovar, James Gray et Cristian Mungiu face à des talents émergents.
Pour succéder au film "Simple accident" du cinéaste iranien Jafar Panahi, la présidence du jury, assurée par le maître du thriller sud-coréen Park Chan-wook, aura la tâche ardue de départager 22 films sélectionnés sur un total de 2.500 œuvres provenant de 141 pays, comme l’a rapporté le site d’information Le Monde.
En l'absence de géants hollywoodiens, la sélection 2026 fait la part belle aux récits historiques. Des œuvres comme "Moulin" de László Nemes, évoquant la Résistance en France, et "Notre salut" d’Emmanuel Marre, relatant le régime de Vichy, représentent des approches novatrices sur des périodes troublées, comme l'a commenté Thierry Frémaux, délégué général du festival.
Cette nouvelle dynamique se reflète notamment à travers "L'Inconnue" d'Arthur Harari, qui avait obtenu le prix du scénario pour "Anatomie d'une chute", ainsi qu’avec "Être aimé" de Rodrigo Sorogoyen, avec Javier Bardem en tête d'affiche, comme l’a précisé l'agence AFP.
Les habitués de la Croisette seront également de la partie, avec des projections de films signés par deux lauréats de la Palme d'or : Hirokazu Kore-eda et Cristian Mungiu. De son côté, James Gray revient avec "Paper Tiger", mettant en vedette Scarlett Johansson et Adam Driver.
Andrei Zviaguintsev, un cinéaste russe en exil, présente "Le Minotaure", un film traitant des défis de la bourgeoisie russe face à l'actualité militaire, tourné en Lettonie.
Derrière le glamour des tenues de gala, les enjeux géopolitiques, tels que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, refont surface. Après une édition 2025 marquée par des prises de parole sur la guerre menée par Israël à Gaza, Thierry Frémaux a souligné que "Cannes est politique quand les films sont politiques".
Parmi les films projetés, le documentaire "Rehearsals for a Revolution" retrace les quarante années de résistance contre la dictature iranienne, tandis que "Ben'Imana", du Rwanda, explore les séquelles du génocide de 1994.
Du côté français, hors compétition, sont annoncés "L'Abandon", sur les derniers jours du professeur Samuel Paty, et "L'Affaire Marie-Claire", qui suit le combat de Gisèle Halimi pour la légalisation de l'avortement. Le public aura également l'opportunité de découvrir la première partie d'un ambitieux biopic sur De Gaulle, ainsi que le dernier film onirique de Pierre Salvadori qui ouvrira le festival.
Thierry Frémaux a réaffirmé que le cinéma jouait un rôle crucial dans une période de créativité intense, minimisant l'impact de l'absence des studios américains, tout en soulignant que des personnalités comme John Travolta présenteront leurs œuvrent.
Quant aux discussions autour de l'intelligence artificielle, le festival, qui remettra une Palme d'honneur à Peter Jackson et à Barbra Streisand, se positionne comme un espace de réflexion sur l'impact de cette technologie sur l'industrie cinématographique. Iris Knobloch, présidente du festival, a affirmé que "nous refusons de laisser l'IA dicter sa loi".







