Une défaillance dans le système informatique de l'Unedic a engendré, depuis 1984, une surévaluation du nombre de trimestres validés pour les chômeurs. Décryptons ce "bug" et son impact potentiel sur vous.
D'où provient l'erreur de calcul ?
Le quotidien Les Echos a révélé qu'une erreur s'est glissée dans le calcul des trimestres de retraite pour les chômeurs. Pour déterminer le nombre de trimestres à valider pour une année de chômage, le calcul s'effectue par le biais d'une division du nombre de jours indemnisés par 50, suivi d'un arrondi à l'entier inférieur. Par exemple, pour 90 jours de chômage, on obtient 1,8, qui devrait être arrondi à un trimestre. Toutefois, le système actuel de l'Unedic arrondissait systématiquement au nombre supérieur. Ce qui signifie que dans le cas des 90 jours, deux trimestres étaient attribués au lieu d'un, engendrant ainsi des statistiques nettement biaisées par rapport aux règles établies.
Quel impact financier ?
Ce dysfonctionnement n'est pas nouveau et a perduré depuis la mise en place d'une procédure d'automatisation en 1984, permettant ainsi à l'Unedic de convertir les périodes de chômage en trimestres de retraite. Cette sur-attribution a bien sûr généré des pertes pour la branche retraite. Selon une source de la Cnav, l'impact financier total durant ces années serait de 300 millions d'euros, ce qui représente environ 0,02 % des 1300 milliards d'euros versés durant cette même période.
Les trimestres donnés à tort vont-ils être retirés ?
Une régularisation des données est prévue. Dans un communiqué du 12 mai, l'Assurance retraite a indiqué que les retraites déjà liquidées ne feront pas l'objet d'une révision et que les assurés nés avant 1955 ne seront pas concernés par cette mise à jour (conservant ainsi les avantages potentiels liés à cette erreur). Les statistiques montrent que l'impact a été particulièrement restreint, avec un exemple pris en 2008 où seulement 0,7% des assurés sont partis en retraite un trimestre plus tôt et 3% ont bénéficié d'une augmentation légère de leur pension (1,1% en moyenne). La mise à jour des carrières se concentrera sur ceux nés après le 1er janvier 1955. L'Assurance retraite assure que les révisions auront peu d'effets sur les droits des assurés. Pour les personnes concernées, il est recommandé de consulter leur relevé de carrière via le site de la Cnav (www.lassuranceretraite.fr) afin de vérifier leur nombre de trimestres acquis durant cette période. Pour plus de précisions, il est aussi suggéré de contacter la Caisse de retraite locale.







