Depuis quelques années, la méthode Miyawaki gagne en popularité dans le débat sur la reforestation urbaine. Les partisans de cette technique soulignent son rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité. Mais qu'est-ce que la méthode Miyawaki ?
Origines et principes de la méthode Miyawaki
Nommer Akira Miyawaki, né en 1928, c'est évoquer un expert japonais en écologie végétale dont l'engagement pour la protection des forêts indigènes l'a conduit à développer une méthode unique de reforestation. Constatant que les forêts japonaises étaient majoritairement composées d'espèces introduites, il a imaginé une approche innovante pour restaurer les écosystèmes, notamment dans des zones urbaines dégradées.
La méthode Miyawaki propose de planter des arbres à forte densité, en utilisant exclusivement des espèces locales adaptées aux conditions climatiques futures. Il s'agit de recréer une forêt rapidement, estimant que son développement est 5 à 10 fois plus rapide que celui d'une forêt classique.
La mise en œuvre de la méthode Miyawaki
Les micro-forêts sont généralement implantées dans des espaces urbains difficiles d'accès comme les friches industrielles ou bordures d'autoroutes. Les principales étapes de cette méthode comprennent :
- Amender le sol avec des fertilisants naturels tels que compost et terreau.
- Choisir des espèces natives en prenant soin de récolter les graines localement.
- Effectuer les semis en pépinière avant la plantation.
- Planter de manière aléatoire, à une densité de 30 à 50 plants par mètre carré, sans alignement pour favoriser la biodiversité.
Après un suivi intensif de l'arrosage et du désherbage pendant les trois premières années, ces micro-forêts parviennent, en 20 ans, à devenir autonomes et protectrices de l'environnement.
La méthode Miyawaki en pratique
Malgré les défis associés à la mise en œuvre de sa méthode, celle-ci a vu le jour dans de nombreuses villes françaises. À Paris, des initiatives ont été lancées autour du périphérique et dans des zones comme le 17ème arrondissement ou le campus de Nanterre. D'autres villes, telles que Lyon et Toulouse, adoptent également cette approche pour transformer des espaces urbains en véritables havres de biodiversité.
Cependant, des critiques émergent concernant le rapport coût-efficacité de ces projets. L'INRAE souligne que la forte competition entre les espèces pourrait mener à une mortalité élevée des plants. Néanmoins, les bénéfices d'une végétalisation urbaine, même partielle, restent indéniables. Créer des micro-forêts peut ainsi constituer une réponse rapide et efficace à l'urbanisation croissante et à la nécessité d'espaces verts.







