Après Nice et La Rochelle, Limoges est devenue la dernière ville à perdre une droguerie traditionnelle, un symbole de la vitalité des commerces de proximité. La Droguerie limousine, qui ferme définitivement ses portes fin avril, fait face à la réalité d'un marché en mutation.
Delphine, 60 ans, exprime son chagrin alors qu'elle sort chargée d'achats : « Honnêtement, ça me fait mal au cœur. C'est notre patrimoine qui disparaît. » Située rue François Chénieux, cette boutique de 280 m² attire une affluence record depuis l'annonce de sa fermeture. Le propriétaire, Frédéric Demay, témoigne : « Jamais on n’avait vu autant de monde venir au magasin. »
Depuis près de 70 ans, cette droguerie, avec ses 38 000 références, était la dernière de son genre dans la ville. Selon des sources, comme Le Parisien, cela représente la perte inéluctable de commerces de proximité essentiels, déjà coûteux à Nice et à La Rochelle.
« Quand j’étais enfant, il y avait une droguerie par quartier à Limoges », rappelle Frédéric Demay. Autrefois, ces magasins vendaient principalement des pigments et art de bricolage, mais leur offre s'est diversifiée au fil des ans.
En quarante ans, l'essor des grandes surfaces et des achats en ligne a profondément modifié le paysage commercial. Frédéric évoque une chute de fréquentation de 30 % en six ans, exacerbée par la crise du Covid-19 : « Les clients préfèrent faire leurs courses en ligne, sans réaliser que cela contribue à la désertification des centres-villes. »
Avec un cœur lourd, Frédéric se prépare à dire adieu à ses deux employés et à ses plus fidèles fournisseurs, souvent de petites entreprises françaises. « Nous avions fait le choix de travailler avec des fabricants locaux, pour leur qualité. »
Le avenir de son établissement semble incertain. Le propriétaire témoigne de sa résignation face aux enjeux économiques : « C’est une activité difficile à reprendre. J’ai deux fils, mais aucun d’eux ne souhaite continuer cette aventure. »
Le sentiment d’impuissance s’installe alors que les clients affluent pour saluer une institution locale. « Les gens nous disent que c’est dommage, mais ce sont souvent les mêmes qui ne venaient jamais auparavant, » énonce avec mélancolie Frédéric Demay. Cette fermeture souligne non seulement la disparition d'un commerce, mais également une époque où la proximité et la qualité prenaient le pas sur la facilité des achats en ligne.







