Ce week-end, la quatrième édition du festival "Massif Attaque" a eu lieu à Saint-Maurice-en-Trièves (Isère), mettant en lumière les problématiques des gardiens de troupeaux à travers des ateliers et conférences. Rassemblant une centaine de participants, l'événement visait à sensibiliser les gardiens sur leurs droits et sur les conditions de travail qui leur sont souvent peu favorables.
La nécessité d'une convention collective pour les gardiens de troupeaux en Isère
Au cœur des débats, la question des salaires reste cruciale. Les participants ont discuté des meilleures pratiques pour négocier leurs contrats, signalant des préoccupations majeures quant à la rémunération. En effet, les gardiens de troupeaux de l’Isère ne bénéficient pas encore de convention collective, rendant la négociation de salaires équitables particulièrement difficile.
Pour Emmeline Tabillon, membre du syndicat GCT, cette absence de régulation entraîne une désertion des massifs isérois : "Les gardiens préfèrent travailler dans d'autres régions où des conventions collectives existent, leur garantissant une rémunération adéquate, des semaines de 44 heures et des primes d'équipement." Ce constat souligne la précarité à laquelle font face les gardiens dans leur département.
Victime "de l'image romantique du berger"
Les syndicats de gardiens se retrouveront le 28 mai au ministère de l'Agriculture pour relancer les négociations en vue d'une convention collective nationale. Cela est perçu comme une étape essentielle pour réguler les disparités existantes entre les différentes zones pastorales. Lison, gardienne dans les Bouches-du-Rhône, rappelle l'importance de cet encadrement, affirmant : "L'année 2026, qui est déclarée année internationale du pastoralisme, pourrait être un tournant pour nous."
Elle ajoute : "Nous avons besoin d’une plus grande transparence sur nos droits, tout autant que nos employeurs doivent être conscients de nos attentes." La perception du métier, souvent idéalisée, cache la réalité difficile des gardiens. "On souffre de cette image romancée du berger, isolé et en harmonie avec la nature. La vérité est que nous sommes des employés qui gérons un capital important et qui doivent être correctement rémunérés pour nos compétences et responsabilités," conclut-elle.







