Selon le Bureau national des statistiques (BNS), la deuxième économie mondiale a vu son produit intérieur brut (PIB) progresser de 4,3 % d'avril à fin juin 2026, ce qui représente une baisse significative par rapport à la croissance de 5 % observée au premier trimestre. Ce ralentissement est particulièrement préoccupant alors que Pékin visait une croissance annuelle entre 4,5 et 5 %.
Un panel d'économistes interrogés par l'Agence France-Presse s'attendait également à une hausse de 4,5 % pour cette période. La dépendance croissante de la Chine à ses exportations devient un sujet de préoccupation, d'autant plus que la consommation intérieure peine à se redresser. Un rapport du Financial Times souligne que le pays doit faire face à un secteur immobilier en dégringolade et à une consommation faible qui continuent de peser sur la croissance.
Des facteurs externes tels que les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l'Iran compliquent également la situation. Le conflit a perturbé le trafic maritime dans des zones clés comme le détroit d'Ormuz, entraînant une flambée des prix du pétrole qui menace la chaîne d'approvisionnement mondiale.
Le BNS a déclaré : "La persistance d'une offre abondante face à une demande faible continue de créer un déséquilibre." Lynn Song, économiste en chef pour la Grande Chine chez ING, a ajouté que les données du PIB montrent un ralentissement significatif, soulignant que l'activité mensuelle et les investissements en actifs fixes sont en forte baisse.
Des signes de reprise dans un tableau contrasté
Bien que la situation économique globale soit inquiétante, des indicateurs récents suggèrent un léger rétablissement. En juin, la production industrielle a augmenté de 5,3 % par rapport à l'année précédente, surpassant les prévisions des analystes, qui anticipaient seulement 4,6 %. Les ventes de détail ont également enregistré une légère amélioration, suggérant une possible reprise de la consommation intérieure.
Les exportations de la Chine ont connu une hausse significative de 27 % en juin, dépassant largement les prévisions des analystes. L'essor du secteur technologique, en particulier celui des semi-conducteurs, a permis de soutenir ce mouvement. Cependant, des experts comme Julian Evans-Pritchard de Capital Economics avertissent que cette croissance est en grande partie due à une hausse des prix, tandis que les volumes d'exportation marquent le pas.
Néanmoins, des secteurs comme l'automobile, avec une hausse de 72 % des exportations de véhicules, notamment électriques, commencent à montrer des signes encourageants. Cependant, l'économiste Lynn Song a souligné que la montée des importations continue de freiner les exportations nettes.
La demande intérieure vulnérable
Malgré cette embellie, la demande intérieure reste préoccupante. Les importations de pétrole ont atteint des niveaux historiquement bas, ce qui indique une consommation stagnante. Yue Su, analyste pour The Economist Intelligence Unit, a commenté que le pays doit faire face à des défis à long terme pour rétablir l'équilibre énergétique.
Elle a également averti qu'il est essentiel pour Pékin de stimuler la consommation au cours du second semestre pour soutenir la croissance. Les autorités ont indiqué qu'elles se concentreraient davantage sur des stratégies pour encourager la consommation, indiquant un engagement envers des réformes nécessaires pour revitaliser l'économie.







