La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s'apprête à rencontrer plusieurs groupes parlementaires dans les jours à venir, en compagnie du ministre de l'Économie, Roland Lescure. L'objectif est de trouver un compromis autour du budget 2026, en excluant cependant le Rassemblement National et La France Insoumise, que Montchalin considère comme des entités obstruant le processus budgétaire.
« À la demande du Premier ministre, Roland Lescure et moi-même allons convenir avec l'ensemble des groupes parlementaires d'une approche constructive avant la reprise des travaux en commission », a-t-elle déclaré sur le réseau X. « L'impasse actuelle ne doit pas devenir une fatalité. Fournir un budget à la France au mois de janvier est une responsabilité essentielle », a-t-elle ajouté.
Le projet de loi de finances ne pu trouver un aboutissement avant le 31 décembre. Il doit être réexaminé par l'Assemblée nationale à partir du 8 janvier, où il sera étudié au sein de la commission des Finances. Une loi spéciale, promulguée en vertu d'un cadre juridique existant, permet de financer l'État de manière temporaire, tout en reconduisant les impôts et les enveloppes budgétaires de 2025.
« Cette loi spéciale est nécessaire pour garantir le bon fonctionnement des services publics dès le début de l'année », a précisé Montchalin lors d'une récente interview au Journal du Dimanche. Cependant, elle a averti que cet outil n’est pas suffisant pour relancer les investissements et l'implémentation de nouvelles politiques publiques, soulignant que « chaque jour passé sous cette loi spéciale représente des coûts importants, aussi bien pour l'économie que pour les ménages ».
Il convient de noter que, selon la ministre, le cadre des discussions a évolué. Plusieurs sujets qui généraient des tensions, tels que les potentiels ajustements des niches fiscales pour l'impôt sur le revenu ou la réforme de l'abattement de 10% pour les retraités, ne sont plus d'actualité après le 1er janvier. Les expert(e)s mettent en garde que sans un accord rapide, l'incertitude peut peser sur les décisions d'investissement des entreprises et sur le comportement des consommateurs, ce qui pourrait avoir un impact durable sur l'économie française.
En parallèle, des analystes de l'Institut Montaigne notent que ce climat d'incertitude peut engendrer un manque de confiance parmi les acteurs économiques, soulignant la nécessité d'une visibilité budgétaire pour éviter une stagnation, tant pour le secteur public que pour les investissements privés.







