Ce mardi 20 janvier, une manifestation se tiendra à Strasbourg, devant le Parlement européen, mobilisant agriculteurs et défenseurs de la qualité alimentaire, pour s’opposer à l'accord commercial UE-Mercosur. Ce dernier, signé récemment, prévoit l'importation de viandes brésiliennes et argentines, soulevant des inquiétudes quant aux normes sanitaires applicables.
Selon Jérémy Denieulle, directeur des études du think tank Agriculture Stratégies, la traçabilité des bovins au Brésil est alarmante. « Comment peut-on savoir si un animal a été traité avec des hormones de croissance ? » s'interroge-t-il avec préoccupation. Ce manque de transparence met en lumière les différences évidentes entre les normes sanitaires sud-américaines et celles en vigueur en Europe.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le Brésil représente déjà 30 % des importations de viande de volaille en Europe, se positionnant comme un acteur majeur sur ce marché. Les agriculteurs français, soutenus par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, dénoncent cette concurrence jugée déloyale, qui pourrait nuire à la qualité des produits locaux.
« Les Brésiliens ciblent les morceaux les plus rentables du poulet », alerte un agriculteur, rappelant que les standards de production au Brésil fluctuent radicalement par rapport à ceux de l’UE. Les manifestations prévues s'inscrivent dans un contexte de méfiance croissante vis-à-vis des politiques commerciales qui, selon de nombreux acteurs du secteur, privilégient les intérêts économiques au détriment de la santé des consommateurs.
Enfin, des experts en sécurité alimentaire et santé publique mettent en garde contre les conséquences de cet accord sur la perception de la qualité des produits alimentaires en Europe. Ils appellent à des réglementations plus strictes pour garantir la sécurité des consommateurs et maintenir la confiance envers les produits locaux. La question qui reste en suspens est celle de la capacité des contrôles européens à s'assurer de la conformité des viandes importées, un défi majeur à l'heure des échanges mondialisés.







