Ce jeudi 2 avril, le tribunal de Bobigny a reconnu Raphaël L. et Anthony C. coupables d'avoir frappé un jeune homme noir lors de son arrestation dans la commune de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). Ils ont écopé d'une peine d'un an de prison avec sursis.
Raphaël L., 32 ans, se voit également interdire l'exercice de sa profession de policier pour une durée de deux ans. De son côté, Anthony C., 29 ans, avait déjà été radié de la police suite à une autre affaire.
Une atteinte à la confiance
Le tribunal a souligné que "l'altération de la vérité" par le biais d'un procès-verbal mensonger constitue "une atteinte grave à la confiance" envers les forces de l'ordre. Le 12 mars, le parquet avait requis six mois de prison avec sursis pour chaque prévenu, accompagnés d'une interdiction d'exercer pour Raphaël L. Anthony C. avait admis avoir porté des coups, tandis que Raphaël L. soutenait que ses actions étaient légitimes.
Les deux agents avaient expliqué leur intervention du 17 septembre 2021 comme une réponse à un refus d'obtempérer. Ils s'étaient déclarés confrontés à un groupe "hostile", dont Aboubacar S., qu'ils avaient identifié comme l'un des auteurs des outrages.
Des preuves accablantes
Après avoir été placé en détention provisoire pendant 22 jours, Aboubacar S. était accusé de violence envers les policiers. Toutefois, son avocat, Me Arié Alimi, avait montré une vidéo amateur des violences, révélant l'agression subie par son client et changeant le cours de l'enquête.
Une étude du service de déontologie de la police a conclu qu'"aucun danger pour les fonctionnaires n'était observé avant l'altercation" et que les premières violences visibles provenaient des policiers.
Impact considérable sur la victime
Les blessures subies par Aboubacar S. ont initialement été évaluées à une journée d'incapacité de travail ; toutefois, le tribunal a réévalué ce chiffre à 11 jours, tenant compte de l'impact psychologique des événements.
Me Alimi a exprimé sa satisfaction à l'issue du procès, soulignant que son client et lui se réjouissent particulièrement de l'interdiction immédiate d'exercer imposée à Raphaël L. Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre la police et certaines communautés, exacerbées par des comportements perçus comme abusifs. Elle fait écho à des préoccupations plus larges concernant les violences policières dans le pays, comme le rapporte le journal Le Monde.







