Cette semaine, le Parlement israélien a adopté une loi imposant la peine de mort pour les "terroristes", un texte largement perçu comme ciblant spécifiquement la population palestinienne et qui suscite un émoi international.
Bien que la peine de mort soit inscrite dans le droit israélien, elle a été appliquée seulement à deux reprises : une première fois en 1948 contre un capitaine accusé de trahison, et une seconde en 1962 à l'encontre d'Adolf Eichmann, le responsable nazi de la Shoah.
La nouvelle législation stipule que toute personne commettant un homicide avec l'intention de détruire l'État d'Israël risque la peine de mort, surtout s'il s'agit d'un Palestinien dont l'action est qualifiée de terrorisme par les tribunaux militaires israéliens.
Cette décision a soulevé une onde de choc parmi les ONG de défense des droits humains, ainsi que parmi plusieurs gouvernements, dont celui de la France, et a été même critiquée par l'ONU. Le Conseil de l'Europe a d'ores et déjà mis en garde contre une possible exclusion d'Israël de son statut d'observateur.
La sociologue et chercheuse à l'EHESS, Sylvaine Bulle, auteure de Israël après le 7-Octobre, a partagé son analyse avec BFM, soulignant que ce texte pourrait marquer un tournant historique pour la société israélienne.
Les motivations derrière le vote de cette loi
Cette mesure est le fruit d'une frange de l'extrême droite israélienne, incarnée par des personnalités comme Itamar Ben-Gvir, qui mettent en avant une idéologie de pureté juive, excluant délibérément les Palestiniens. Selon des spécialistes, cette loi est le reflet d'une logique de suprémacisme.
Les responsables tels que Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, ministre des Finances, laissent entendre que l'attaque du 7 octobre n’est que le début d’une série d'événements violents, rendant des attaques contre des citoyens israéliens toujours plus probables. Ce discours révèle une société trépidante, empreinte de méfiance et d'exclusion à l'égard des Palestiniens.
Le soutien du Likoud et des implications sociopolitiques
Bien que les alliés d'extrême droite ne représentent qu'une petite part de l'électorat, ils jouent un rôle prédominant dans la coalition gouvernementale actuelle, marquée par une approche de plus en plus radicale. Cette situation indique une interconnexion grandissante entre les valeurs religieuses, la législation civile, l'armée et les instances gouvernementales.
Si la loi est validée, elle risque de sceller la fin d'une vision humaniste et sociale du sionisme en Israël, faisant ainsi un pas inquiétant vers la déshumanisation des Palestiniens et des citoyens israéliens, un phénomène que Bulle qualifie d'épuisant pour la société.
Conséquences d'une législation radicale sur l'État de droit
Ce texte pourrait non seulement éroder le statut d'État de droit en Israël, mais menacer aussi l'existence d'une voix progressiste au sein du sionisme. Si cette loi venait à être validée, les conséquences sur le plan juridique seraient lourdes, car elle introduirait une rupture dans l’égalité des droits.
Apartheid en Israël ? L'argument controversé
La question de l'apartheid en Israël est débattue, même si les Palestiniens citoyens d'Israël possèdent des droits légaux qui leur garantissent une certaine mobilité et opportunités. Cependant, la dégradation du statut des citoyens palestiniens est perceptible et forme un point d'achoppement dans le débat public.
La communauté internationale face à la montée de l'extrêmisme
Face à l'extrémisme croissant, même des voix traditionnellement pro-israéliennes, telles que la diaspora juive, commencent à s'inquiéter et à critiquer le gouvernement. Elles se sentent trahies par un pays qui semble rejeter leurs valeurs.
Israël face à un monde perçu comme ennemi
Le sentiment de repli sur soi est palpable. Selon des observateurs, le gouvernement perçoit le monde entier comme un adversaire. Cette attitude pourrait compliquer les relations internationales et aggraver l'isolement d'Israël.
La prééminence de la sécurité sur les droits humains
La société israélienne est aujourd'hui plongée dans un état d'urgence continu depuis le 7 octobre. Cette période aux enjeux sécuritaires majeurs relègue souvent au second plan la question des droits humains et de l'État de droit, soulevant de sérieuses interrogations sur l'avenir démocratique d'Israël.







