Un homme de 28 ans a été déclaré coupable vendredi dernier par le tribunal correctionnel de Perpignan pour avoir abandonné son chien dans son appartement à Palau-del-Vidre, entraînant la mort de l'animal en mai 2024. Absente à l'audience, la défense a été assurée sans avocat, et le procès a été mené malgré son absence.
Les forces de l'ordre ont découvert le cadavre d'un berger allemand dans un état de décomposition avancée, dans un logement manifestement abandonné depuis plusieurs jours. L'odeur nauséabonde a alerté les voisins, qui ont promptement informé les gendarmes. Marina Pastou Santacroce, gérante d'un refuge animalier à Céret, a été contactée par la fourrière de Perpignan. "La description était terrifiante. Ce chien a visiblement souffert d'une manière atroce avant de mourir," a-t-elle témoigné.
Des explications troublantes
Lors de son interrogatoire, le propriétaire a admis son incapacité à expliquer la durée de son absence. Actuellement chez un ami à Port-Vendres pour son travail de livreur, il a mentionné avoir quitté son logement, selon lui, cinq jours avant la découverte de l'animal. Cependant, plusieurs éléments suggèrent que l'appartement était inoccupé depuis plus longtemps, y compris les excréments qui jonchaient le sol.
Le prévenu a tenté de justifier son acte par des circonstances difficiles, mentionnant la perte de son beau-père et un oubli d'apport alimentaire pour son chien. Il a affirmé avoir laissé de la nourriture et de l'eau, mais n'a pas pris contact avec un refuge pour assurer la prise en charge de son animal, et son ami n'était pas disponible pour l'aider.
Une décision de justice lourde de conséquences
Le procureur a qualifié les explications du prévenu de "lunaires", réclamant une peine de quatre ans de prison avec sursis et une interdiction permanente de posséder un animal. Le tribunal a suivi cette requête, condamnant l'homme à la même peine, tout en lui imposant de verser 1 500 euros à chacune des deux associations de protection animale parties civiles, notamment One Voice et le refuge de Céret, représentés par Me Marie Voutsas.
"Cette décision est justifiée. Les photographies de la scène sont insoutenables. L'oubli d'un animal dans de telles conditions est inacceptable, il existe toujours des alternatives pour le confier," a commenté l'avocate Marie Voutsas. Cette affaire souligne l'importance d'une prise de conscience au sujet de la responsabilité liée à la possession d'animaux domestiques.







