Deux suspects, dont l'un serait membre d'une bande criminelle corse, font face à des accusations d'incendie volontaire sur des entreprises associées à Gilles Simeoni, figure emblématique de la Corse.
Ils sont impliqués dans des feux ayant touché des bars-restaurants et un garage, propriétés de proches du président du conseil exécutif de Corse (Gilles Simeoni) et, notamment, de son fils. Kevin Ornec, 39 ans, et Mourad Amar, 30 ans, sont jugés au tribunal correctionnel d'Ajaccio, à partir de ce mardi.
Pendant deux jours, ils vont comparaître pour des chefs d’accusation allant de « destructions en bande organisée » à « transport de produits incendiaires ». Tous deux contestent fermement les allégations les concernant.
L’un des établissements incendié géré par le fils de Gilles Simeoni
Les événements en question se sont produits dans la nuit du 4 au 5 décembre 2022, lorsque les bars-restaurants Bama et 24 à Corte (Haute-Corse) ont été ravagés par les flammes. Le Bama est géré par le fils de Gilles Simeoni, ajoutant un contexte familial à cette affaire.
Un véhicule blanc, qui avait été volé quelques jours plus tôt, a été repéré quittant les lieux. Plus tard, ce même véhicule a été enregistré sur le parking d’une concession Mercedes d’Ajaccio, où huit voitures ont également été détruites par un incendie criminel.
Le garage en question appartient à Jean-André Miniconi, ancien président de la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud, et ancien candidat soutenu par Gilles Simeoni lors des élections municipales de 2020 à Ajaccio. Il a été présent durant le procès.
La demande de renvoi rejetée
Kevin Ornec, en état de récidive avec un lourd passé judiciaire, aurait des liens familiaux avec Yassine Akhazzane, notoire chef d’une bande criminelle active, selon le rapport de l’AFP. Ce rapport met en lumière plusieurs bandes opérant dans la région.
En janvier 2023, Gilles Simeoni avait brièvement fait allusion à des « menaces » à son égard, sans toutefois donner de détails ou porter plainte.
Lors de l'ouverture du procès, une demande de renvoi pour Mourad Amar, représenté par des avocats de Marseille en grève, a été présentée mais a été rapidement refusée par le tribunal. Le verdict est attendu d'ici mercredi soir.







