INFO LE PARISIEN. Déjà sous enquête pour le dossier Octopus, Me Kamel Aissaoui, avocat de figures centrales de la DZ Mafia, fait face à des poursuites supplémentaires concernant un projet d'action violente supposément mené par le clan criminel marseillais.
Au mois précédent, il représentait Gabriel Ory et Amine Oualane et se préparait pour leur procès très médiatisé. Or, il se retrouve désormais en détention, cumulant les mises en examen. Selon nos informations, avocate au barreau de Lyon, Me Aissaoui, déjà soupçonné de corruption pour avoir facilité la communication de Gabriel Ory avec l'extérieur depuis la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), a été de nouveau mis en examen le 17 mars, suite à la première.
Un projet d'action violente en préparation
Le 9 mars, alors que les gendarmes lançaient 42 interpellations dans le cadre de l'opération Octopus, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) et de la BRI de Marseille agissaient également. Quatre individus, suspects d'organiser une évasion d'un cadre de la DZ Mafia, ont été arrêtés.
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a indiqué que les préparatifs de ces hommes laissaient entrevoir « un projet d'action violente ». Les enquêteurs ont trouvé des éléments troublants : équipements de police, talkies-walkies, matériels d'évasion et même un appartement suspectement loué.
Kamel Aissaoui est aussitôt apparu sur les radars des enquêteurs, soupçonné de complicité dans ces manigances via la ligne téléphonique qu’il avait illégalement ouverte pour Gabriel Ory. En plus des premières accusations, il a récemment été mis en examen pour « participation à une association de malfaiteurs » et « préparation d'un crime en bande organisée ». Cette situation soulève des questions sur l'implication et l'influence des réseaux criminels.
Un homme sympathique, mais aux prises avec des tensions
Début mars, le rôle de Me Aissaoui dans ces enquêtes a intensifié les tensions entre les forces policières et gendarmerie marseillaise. Craignant une action imminente, la BRB avait agi rapidement pour intercepter cet avocat devant le démarrage de l'opération Octopus. Les magistrats ont finalement choisi de le laisser aux gendarmes, qui avaient un grand nombre de questions à lui poser.
Cette enquête a culminé le 12 mars avec la mise en examen de 26 personnes, incluant Me Aissaoui. Ce dernier aurait fourni des moyens de communication aux membres de la DZ Mafia, ce que le procureur Nicolas Bessone a décrit comme une aide facilitant des activités illégales, même alors qu'il était incarcéré.
Avocat décrit par ses pairs comme « un homme sympathique », Kamel Aissaoui est perçu comme n’ayant pas été préparé aux spécificités de la criminalité organisée. Ce contraste soulève des interrogations : pourquoi a-t-il, comme le craignent les enquêteurs, dépassé certaines limites ? Selon des sources proches de l'affaire, des difficultés financières et personnelles auraient joué un rôle, rendant ce pénaliste vulnérable aux pressions exercées par des criminels aguerris.







