Le tribunal correctionnel de Toulouse a statué, ce mardi 19 mai, à l'issue d'un procès en diffamation qui s'est tenu le 24 février dernier, concernant William Lafleur, également connu sous le nom de "Msieur Le Prof" sur les réseaux sociaux. Ce professeur d'anglais, ayant quitté l'Éducation nationale en 2023, a écrit un ouvrage intitulé "L’Ex-plus beau métier du monde" (Flammarion), dans lequel il explore les enjeux et défis de son métier.
Dans ce procès, Lafleur a été relaxé quant aux propos contenus dans son livre, mais a néanmoins été condamné à une amende de 500 euros ainsi qu'à verser 500 euros de dommages et intérêts pour un tweet publié le 11 septembre 2023 sur la plateforme X. Selon des informations relayées par Libération, ce tweet aurait été jugé diffamatoire à l'égard d'un inspecteur académique.
Accusé de diffamation par un inspecteur académique
Surnommé Msieur Le Prof, Lafleur compte plusieurs milliers de followers sur Instagram, Facebook et X. Dans son livre, il se penche sur ses quatre inspections en douze ans. Il a fait face à une accusation de diffamation formulée par un inspecteur académique qui n'était pas présent lors de l'audience. Ce dernier a exigé 5.000 euros d'indemnités ainsi que le retrait des passages qu'il considérait litigieux dans l'ouvrage de Lafleur, bien que son nom ne soit pas explicitement mentionné.
L'avocate de Lafleur, Maître Élodie Baudras, a plaidé en faveur de son client, arguant : "J'ai dénoncé un système, pas cette personne". La défense a mis en avant la nécessité de protéger la liberté d'expression, notamment celle des enseignants qui souhaitent partager leur expérience. Pendant ce temps, Lafleur était absent lors de l'annonce du délibéré, mais la décision du tribunal et l'indemnité à la partie civile d'1.000 euros ont été confirmées.
Cette affaire soulève des questions sur la liberté d'expression et la protection des témoignages d'enseignants sur les défis du système éducatif. Des experts, comme François Dubet, sociologue et professeur émérite à l'université de Bordeaux, ont déclaré à France Info que cette situation pourrait inciter d'autres professionnels à réfléchir avant de partager leur vécu. La vigilance en matière de diffamation doit être équilibrée avec le besoin d'ouverture dans le discours public.







