Le tribunal correctionnel de Toulon a rendu son verdict concernant le vol de singes-écureuils survenu en janvier 2024 au jardin zoologique de la Londe. Les coupables, trois jeunes hommes, ont été condamnés à trois ans de prison, dont 18 mois de sursis probatoire de deux ans. En plus de leur peine d'emprisonnement, ils devront s'acquitter d'une amende et sont interdits de paraître à la Londe pendant cinq ans. Ils devront également indemniser le jardin zoologique.
Le procès a capté l’attention des médias et des défenseurs des droits des animaux. Selon le Parquet, la gravité des faits ne doit pas être sous-estimée. Les singes-écureuils, sous protection, ont une espérance de vie considérablement réduite lorsqu'ils sont déracinés de leur habitat naturel. "C'est un vol qui a limité l'espérance de vie de chaque animal. Ce n'est pas un vol simple; cela participe à l'extinction de l'espèce", a déclaré un représentant du ministère public, soulignant la nécessité de protéger ces créatures fragiles.
Malik Chetioui, l’un des accusés, a tenté de justifier son acte en déclarant qu’il voulait donner une "belle vie" aux animaux, tandis que son cousin Chouaib a avoué avoir découvert qu'ils allaient voler des singes dans la voiture. Le troisième, Salim Fekih, a nié sa présence lors des faits, mais des preuves ont montré le contraire.
Une opération amateur
Le tribunal a également noté l'amateurisme des prévenus, qui ont utilisé une voiture facilement identifiable. Maitre Jean-Baptiste de Gubernatis a souligné le manque de planification des accusés, leur démontrant qu'ils n'étaient pas des criminels aguerris.
Un singe sauvé par une vidéo
Un tournant dans l’affaire a été la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux, qui a permis aux policiers de localiser un singe encore en détention. Salim, le responsable de la vidéo, a expliqué qu’il voulait simplement capter l’attention pour développer son entreprise. Cet acte inattendu a finalement conduit à la récupération d'un animal volé.
Malgré la décision de justice, des questions demeurent sur le sort des autres singes disparus. La partie civile, représentée par Maitre Dauzon, a demandé des comptes sur la souffrance animale infligée. Bien que sa demande de reconnaître le préjudice animalier n'ait pas été entendue, elle reste satisfaite du verdict final, soulignant la nécessité de responsabiliser les prévenus pour leurs actes. "Il est difficile de croire à une bienveillance quand on voit comment ils ont été traités", a-t-elle ajouté.







