Le parquet de Paris a annoncé, le mardi 26 mai, l'ouverture d'une enquête sur une opération présumée d'ingérence étrangère visant des candidats de La France insoumise (LFI) lors des dernières élections municipales. Les candidats en question, Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud, auraient été la cible d'une campagne de désinformation orchestrée depuis Israël.
Cette enquête, prise en charge par la section des affaires militaires et des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, devra « rechercher si certains candidats de LFI ont été spécifiquement visés par une opération au bénéfice d'un État tiers ».
Quels candidats ont été visés ?
Les candidats Insoumis concernés sont Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix. Sébastien Delogu a partagé son expérience choquante : « Vous prenez votre voiture et vous voyez un panneau avec votre nom et un QR code qui redirige vers de fausses accusations de viol ».
François Piquemal a également porté des accusations, parlant de « pages créées sur les réseaux sociaux diffusant les pires rumeurs » et de la « divulgation de ses mots de passe ». Il a dénoncé l'utilisation de faux visuels de campagne, même sur des plateformes telles que Vinted. Selon Delogu, ces attaques seraient liées à leur « engagement pour la cause palestinienne ».
Vers qui se tournent les soupçons ?
Les soupçons d'ingérence reposent sur des allégations d' « intelligence avec une puissance étrangère », de « détournement de suffrage par des fausses nouvelles », et d'« apologie en ligne de terrorisme », en rapport avec certains logos utilisés. Selon Libération et Haaretz, l'enquête met particulièrement en avant l'implication de deux entreprises israéliennes, dont BlackCore, établie à Tel-Aviv.
Me Xavier Sauvignet, avocat de LFI, a mis en lumière les « officines en Israël, qui sont liées à des proches du pouvoir et à des services d'espionnage ». Cependant, le parquet rappelle qu'« l'ingérence ne concerne pas les intérêts d'une société étrangère, mais d'un État », et aucune preuve d'une telle intervention n'a été signalée jusqu'à présent.
Comment les autorités ont-elles été alertées ?
Cette enquête a été ouverte « d’initiative », et intégrera des éléments provenant d’anciens dossiers menés à Marseille et Toulouse. La décision découle d'un rapport du service Viginum, dédié à la lutte contre la manipulation de l'information, qui a mis en avant une « suspicion d’ingérence numérique étrangère » impliquant un « dispositif de diffusion automatisée de contenus trompeurs ».
Viginum a révélé un « mode opératoire informationnel » visant expressément un parti politique français, avec des comptes sur les réseaux sociaux présentant des « caractéristiques d’inauthenticité ». Le rapport a mis en lumière l'utilisation d'images générées par intelligence artificielle et la présence de traces techniques d'origine étrangère dans les métadonnées.
Le service a estimé que cette opération, orchestrée par un acteur identifié à l'étranger, constitue une menace pour les intérêts fondamentaux de la nation, cherchant à déformer l'information citoyenne. Viginum a toutefois relativisé l'impact, parlant d'un « effet marginal sur le débat public numérique », mais y percevant aussi un potentiel objectif lucratif, sans intention de déstabiliser le processus électoral.







