Au cœur du musée de la Résistance et de la Déportation à Besançon, un phénomène alarmant se dessine. La municipalité, très préoccupée, fait état de onze saluts nazis constatés depuis le début de l'année 2026, un chiffre alarmant en comparaison avec les cinq cas recensés durant l'année précédente, selon L'Est Républicain.
Le dernier incident, survenu le 27 juin, a conduit à l'arrestation d'un touriste vénézuélien pour avoir fait un salut nazi devant un portrait d'Adolf Hitler, en présence de sa compagne. Cet acte, bien qu'individuel, s'inscrit dans une tendance plus large qui interpelle les autorités locales.
Des profils inattendus
Il est intéressant de noter que les personnes impliquées dans ces actes ne partagent pas un profil militant classique. En juillet 2025, un jeune homme de 18 ans d'origine ivoirienne avait été signalé après avoir effectué un salut nazi pendant une sortie scolaire, suivi de films enregistrés par des caméras de sécurité. Ce dernier, inscrit dans une prépa pour l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, montre bien que ces individus ne s'identifient pas nécessairement à l'extrême droite.
Cette année, les cas incluent également quatre mineurs en sortie scolaire, un père de famille et le touriste étranger. La vice-procureure de Besançon a précisé que « aucune de ces personnes ne semble présenter un profil radicalisé ou de proximité avec l'idéologie néonazie ». Certains mis en cause ont même exprimé des regrets pendant leur audition, témoignant de leur incompréhension vis-à-vis de la gravité de leurs actes.
Réaction des autorités
Pour les responsables du musée, ces comportements restent inacceptables. Christine Werthe, adjointe au maire, les qualifie d'« insultes envers la mémoire des déportés » et d'« atteintes aux valeurs de la République ». Par conséquent, la municipalité a décidé de déposer plainte systématiquement contre chaque auteur d'un tel incident.
Elle a même évoqué un possible « défi TikTok » suscitant ces comportements, sans que cette hypothèse soit corroborée par le parquet. Selon une représentante de la justice, « cette piste n'est pas ressortie de l'audition d'aucun mis en cause ».
Le phénomène soulève des questions sur la manière dont la jeunesse appréhende des valeurs historiques et éthiques fondamentales, rappelant l'importance de l'éducation à la mémoire et aux valeurs républicaines pour prévenir la banalisation de tels actes.







