Dans un contexte où l'extrême droite semble gagner du terrain, Kheireddine Lardjam se positionne comme une voix de résistance. Originaire d'Oran, ce metteur en scène a vu les ravages d'idéologies extrêmes au cours de sa jeunesse en Algérie, une expérience qu'il évoque avec une clarté poignante. Alors que de tels discours envahissent le paysage médiatique, Lardjam refuse de céder au fatalisme.
Depuis 1996, année de création de sa troupe El Ajouad, il s'est consacré à la promotion de la culture en France, tout en évoquant le tragique héritage d'Abdelkader Alloula, dramaturge algérien assassiné en 1994. Son engagement artistique ne se limite pas à la scène ; il anime également des ateliers dans des quartiers populaires et des lycées agricoles, touchant un public souvent délaissé.
« Le fascisme, j’ai grandi avec. Pendant la décennie noire, les intégristes portaient peut-être l’abaya et pas des costards-cravates, mais c’est la même idéologie, » affirme-t-il avec passion. Lardjam ne cache pas sa colère face à ses pairs qui plaident pour un dialogue coopératif avec l'extrême droite : « C’est non négociable ! Dialoguer, c’est comme penser guérir un cancer avec du paracétamol. »
Son constat est alarmant : les idées du Rassemblement National se répandent parmi une jeunesse qui ressent un profond sentiment d'abandon. « C’est une menace pour tous, pas uniquement pour les immigrés, » assure-t-il. Il critique aussi l'évolution de son public, où même des spectateurs fidèles se sont laissés séduire par les discours de haine, malgré les messages véhiculés par ses œuvres.
Lors du prochain Festival d’Avignon, Lardjam espère rassembler des artistes pour organiser une riposte efficace. « Nous devons faire face ensemble, » conclut-il, déterminé à inverser la tendance. Des voix comme la sienne sont essentielles pour redonner espoir et contrer les discours toxiques qui gangrènent la société.







