Une récente étude a mis en lumière que l'expérimentation de la réforme du RSA, lancée en mars 2023, a permis d'améliorer l'accès à l'emploi pour les bénéficiaires mieux accompagnés. Toutefois, cet effet positif n'a pas eu d'impact sur l'ensemble du marché du travail, en raison d'une détérioration des perspectives d'emploi pour les autres demandeurs.
Cette étude, co-rédigée par l'Institut des politiques publiques (IPP) et la Dares, département d'études du ministère du Travail, révèle que le taux de réintégration dans l'emploi des participants a augmenté de 25% grâce à un soutien renforcé, notamment pour ceux suivis par France Travail ou les départements.
"Cet effet positif provient principalement de l'augmentation du nombre de contrats aidés, qui ont doublé", a précisé Lucie Briand, l'une des auteures de l'étude.
Loi plein emploi
Cependant, dans les zones où cette expérimentation a été réalisée, on constate une détérioration concomitante des perspectives d'emploi pour les non-participants, soit des bénéficiaires du RSA, soit d'autres demandeurs d'emploi. Ces derniers ont souffert d'un accompagnement réduit du fait de la mise en œuvre de la réforme sans augmentation des ressources allouées à France Travail.
Lucie Briand a précisé : "Les avantages constatés pour les participants compensent la dégradation pour les autres, empêchant ainsi de tirer une conclusion positive globale sur l'emploi salarié total."
Les chercheurs ont également noté que les résultats obtenus ne sont pas directement transposables à la situation du marché du travail depuis janvier 2025. À cette date, de nouvelles modifications ont été introduites avec la loi plein emploi, qui a élargi ce soutien à l'ensemble des bénéficiaires du RSA.
Les chercheurs estiment par ailleurs que le cadre de l'étude n'a pas permis de mesurer si les contrats aidés avaient effectivement été un tremplin vers des emplois non subventionnés et pérennes.







