Créé dans le cadre de la loi contre le narcotrafic adoptée en avril, le Parquet national anti-criminalité organisée a été inauguré ce lundi 6 janvier 2026. Cette nouvelle institution, qui regroupe seize magistrats, a pour mission d'enquêter sur la criminalité organisée, incluant le narcotrafic ainsi que les délits économiques et financiers.
Le Pnaco reçoit 170 dossiers qui recouvrent des affaires variées, telles que le narcotrafic, l'immigration clandestine, la traite des êtres humains, le proxénétisme, les vols à main armée, et même les crypto-enlèvements. Une des affaires notables à traiter est celle de la mort de Mehdi Kessaci à Marseille, qui a été une figure militante contre le narcotrafic. Les enquêteurs privilégient la piste d'un "crime d'avertissement", comme l'a indiqué le procureur de Marseille.
Vanessa Perrée, la magistrate devant piloter le Pnaco, a souligné que cette enquête est en phase initiale, mettant en avant l'importance d'un suivi prioritaire. "Les enjeux sont particulièrement élevés, tant pour la justice que pour la sécurité publique". Le narcotrafic représente l'essentiel des affaires attribuées au Pnaco, mais d'autres affaires, comme l'évasion du trafiquant Mohamed Amra, qui a causé la mort de deux agents pénitentiaires, sont également sur le radar.
En plus des enquêtes sur le narcotrafic, le Pnaco devra également traiter des affaires tragiques, comme le naufrage ayant causé la mort de 31 migrants dans la Manche en 2021, et une série d'enlèvements liés aux cryptomonnaies.
Ce parquet, à l'instar de celui consacré aux affaires de terrorisme, a pour but de réunir des moyens supplémentaires afin de soutenir les parquets locaux. Vanessa Perrée a également précisé que des méthodes d’enquête adaptées seront mises en place, telles que des "dossiers coffres" pour ne pas divulguer certaines techniques. Bien que ces outils suscitent des inquiétudes parmi les avocats tout en évoquant des atteintes potentielles aux droits de la défense, Perrée a rassuré en affirmant que tout se déroule sous l'œil vigilant d'un juge ou d'un procureur.
Des experts en criminalité organisée jugent cette initiative essentielle pour répondre à la montée en régime de la criminalité. Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a exprimé une opinion similaire, qualifiant cette mise en place de "étape historique dans la lutte contre le narcotrafic". Alors que les enquêtes sur le narcotrafic continuent de croître, les discussions demeurent ouvertes sur l'efficacité des nouvelles méthodes d'investigation, particulièrement face à des réseaux criminalisés de plus en plus sophistiqués.







