Le 1er juillet 2023, Marseille est secouée par des émeutes suite à la mort de Nahel, tué par la police en région parisienne. Au milieu du chaos, Hedi R., un jeune homme de 22 ans, subit un tir de LBD qui le blesse gravement à la tête. Les obscures circonstances entourant sa blessure et le passage à tabac qui s'ensuit par d'autres agents ont conduit à une mise en examen de plusieurs membres de la brigade anticriminalité (BAC).
Ce jeudi 8 janvier, le parquet a confirmé que la commandante de la BAC, présente lors des événements, a été mise en examen pour non-assistance à personne en danger. Les conséquences du tir de LBD ont été tragiques : Hedi a dû subir une amputation partielle de son crâne, un événement qui a suscité une vive indignation.
Dans ce climat déjà tendu, la défense de la commandante, représentée par l'avocat Virgile Reynaud, insiste sur le fait qu'elle était trop sollicitée par la situation chaotique pour intervenir. « Imaginez une scène où règne la panique, des pillages et des cris... », a-t-il déclaré à l'AFP, minimisant ainsi ses responsabilités. L'avocat évoque également la difficulté d'avoir une vision claire des événements durant cette nuit d'émeutes.
En parallèle, pas moins de 33 enquêtes ont été ouvertes en France concernant des violences présumées commises par les forces de l'ordre durant cette période troublée. À Marseille, ces événements tragiques sont marqués par la mort de Mohamed Bendriss, 27 ans, également très vraisemblablement blessé par une arme similaire la nuit même où Hedi a été touché. Une atmosphère de méfiance s'est installée entre la population et les forces de l'ordre, et les attentes de justice demeurent élevées.
Les experts s'accordent à dire que cette affaire pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations entre la police et les citoyens, surtout dans un contexte déjà explosif. Les citoyens réclament des comptes, et la nécessité d'une réforme en profondeur des pratiques policières est de plus en plus pressante, comme le souligne le sociologue et spécialiste des questions de sécurité, Pierre Marguénaud.
Alors que la situation a rapidement dégénéré en violences urbaines à Marseille et ailleurs, le besoin de transparence et de responsabilité s'impose comme un impératif face à des événements qui continuent de diviser la société française.







