Peut-on aimer sans être amoureux ? Quelle est la part du temps et de la parentalité dans le désamour ? À 37 ans, Fabrice, père de famille, partage ses interrogations.
La lumière du soleil illumine le visage de Fabrice, mais malgré cette apparence calme, un tourbillon de doutes l'habite. "Je pense que ma situation n'est pas aussi rare qu'on le pense", confie-t-il, presque en s'excusant. Puis il lâche : "Mon histoire d'amour, c'est celle d'un jeune marié qui n'est pas du tout heureux et qui regrette d'avoir dit oui".
Fabrice, âgé de 37 ans et père d'un garçon de 8 ans, partage sa vie avec Agathe depuis 13 ans. Après leur mariage l'été dernier, il ressent un vide. "Notre histoire est assez classique. J'ai rencontré Agathe à 24 ans, à la fin de mes études, à une période pleine de promesses mais aussi d'incertitudes". Ensemble, ils mènent une vie bien ordinaire, entre travail, sorties et moments en couple.
Avec le temps, Agathe a commencé à laisser des affaires chez lui, et Fabrice a finalement emménagé chez elle. Leur relation s'est épanouie, et ils ont créé des souvenirs ensemble. Mais le temps a passé, et un jour, Agathe suggère d'avoir un enfant. "Nous avons rapidement conçu notre fils, Timothée, un immense bonheur à la naissance", révèle Fabrice avec nostalgie.
En tant que commercial, Fabrice s'engage alors dans la paternité tout en partageant Bilatéralisme des tâches avec Agathe. Il se réjouit des moments simples passés avec son fils. Cependant, il reconnaît qu'une ambiance de désenchantement a commencé à s'installer, sans qu'il puisse vraiment identifier la cause précise. "Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être au fond du gouffre !" admet-il.
La décision de se marier a été influencée par Timothée, qui s'est interrogé sur l'absence de mariage de ses parents. Fabrice se souvient de l'enthousiasme d’Agathe pour organiser leur cérémonie, mais lui, à l'intérieur, se sentait partagé. "Je n'étais pas pressé, ni vraiment enthousiaste. Pourtant, je l'ai fait pour elle, pour notre famille".
Le jour du mariage, entouré de proches, Fabrice a dit oui avec sincérité, mais il ressente une mélancolie latente. "Suis-je vraiment heureux ?" est une question qui le taraude désormais. Un an après leur union, il admet humblement : "Je l'aime, mais je ne suis plus amoureux d'elle". Il évoque une séparation entre l'amour véritable et l'amour compagnon, ce dernier engendrant une routine qui peut s'avérer vide.
Confronté à cette détresse, Fabrice cherche des réponses. Les gestes d'affection, autrefois partagés, semblent désormais réservés à son fils. Il redoute la sexualité, qu'il considère comme presque mécanique, préférant passer du temps avec Timothée plutôt que de se retrouver en tête-à-tête avec Agathe.
La dynamique familiale s'est modifiée. "Nous ne partageons plus d’intimité, pas comme avant", dit-il. Un week-end seul avec Agathe ? Cela lui semble être une épreuve, tant la peur de blesser les siens pèse lourd dans son cœur. "Au fond, je souhaite encore trouver cet amour perdu", avoue-t-il, plein d'espoir, mais conscient de la difficulté du chemin à parcourir.
Comme l'a souligné le psychologue Jean-François Sullier, ce phénomène est de plus en plus courant dans les couples modernes. La parentalité et les contraintes du quotidien peuvent souvent éroder la passion initiale, rendant des conversations franches et des retrouvailles difficiles, un constat partagé par de nombreux couples comme l'indiquent les études publiées par l’INSEE sur les dynamiques familiales.
La lutte entre le désir de maintenir une relation et la réalité du quotidien est au cœur de l'expérience de Fabrice. "Comment retrouver la flamme ? Je pense qu'il nous faudra tous les deux nous battre pour redynamiser notre relation", conclut-il, nourrissant un espoir timide mais sincère.







