Pour la première fois depuis son extradition du Maroc il y a trois ans, Karim Harrat, considéré comme un baron de la drogue marseillaise, se retrouve au tribunal. Il est jugé depuis le 26 janvier pour avoir dirigé des opérations de trafic de drogue depuis Dubaï. La guerre pour le contrôle des points de vente de drogue dans la deuxième ville de France est au cœur de ce procès.
Harrat, décrit par certains comme un symbole du narcotrafic dans la région, fait face à des accusations graves, notamment l'homicide et l'organisation d'un réseau criminel. "Il a longtemps été à la tête des activités de narcotrafic, même en étant à l'étranger", indique le procureur, en faisant allusion à son utilisation de la messagerie cryptée Sky ECC, très populaire parmi les narcotrafiquants avant son démantèlement en 2021.
Le président demande au prévenu de se "maîtriser"
Au cours des auditions, le président du tribunal a demandé à Harrat de se montrer plus calme. Cela est d'autant plus marquant que des témoignages courent sur l'intimidation qu'il exerce sur son entourage. Par exemple, un de ses co-prévenus a exprimé son refus de répondre aux questions, visiblement sous le poids de la menace.
“Je suis là pour être entendu et je ne suis pas impliqué”, a déclaré son co-prévenu, semblant craintif face à l'aura de Harrat. Ce dernier, ayant gardé le silence jusqu'à présent, conteste les faits par l'intermédiaire de ses avocats.
Contrôle des cités : les messages incriminants
Les preuves présentées au tribunal incluent des messages où Harrat se vantait de contrôler plusieurs cités à Marseille. Son langage laisse entendre une mainmise sans précédent sur le réseau de vente de stupéfiants. Il a été entendu dire, par le biais des messages, qu'il avait des personnes chargées de récupérer de la drogue, et menaçait ceux qui étaient considérés comme faiblissants dans leur devoir.
Il semblerait qu'à l'aube de la crise de Covid-19, il encourageait ses associés à continuer leurs activités, en affirmant que "tous les points de vente doivent rester ouverts, peu importe les directives de l'État".
Perspectives judiciaires : autres affaires à suivre
K. Harrat n'est qu'un des six prévenus liées à cette affaire, dont certains sont déjà sous enquête dans d'autres dossiers d'homicides. D'autres procès sont également à prévoir pour lui, notamment un double meurtre survenu à Plan-de-Campagne en 2019. La complexité de ce réseau criminel soulève des questions sur la lutte contre le narcotrafic en France, une problématique sur laquelle le gouvernement a récemment mis l'accent, comme le rapportent des sources médiatiques.
Pour avoir un avant-goût de la portée de ces crimes, on constate que certains noms circulent avec des histoires tragiques, comme Brahim, le grand frère d'Amine Kessaci, un militant anti-drogue, qui a également été victime de cette violence. Le sort de Harrat et de ses complices pourrait définir la direction que prendra Marseille dans sa lutte contre ces réseaux criminels.







