Les autorités marseillaises viennent d’annoncer la fermeture administrative du célèbre marché du soleil pour une durée de six mois, à la suite d’une opération d’envergure contre la contrefaçon. Ce lieu emblématique du commerce alternatif à Marseille, connu pour ses étals de vêtements, chaussures et bijoux, est devenu le théâtre d’un commerce illégal important.
« Depuis le début des années 2000, ce marché a évolué, devenant un véritable bazar dans lequel se multiplient les marchandises contrefaites », a souligné le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, lors d'une conférence de presse. Ce marché, qui a vu le jour il y a 45 ans dans une ancienne halle au grain, était devenu un incontournable, attirant aussi bien les habitants que les touristes.
« Redresser les pratiques »
Bien que l’enquête actuelle n’ait pas mis en lumière de réseaux de trafic de drogue, cette opération vient renforcer les exigences de la loi anti-narcotrafic promulguée en juin 2025. Dans ce cadre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a décidé de fermer le marché le temps de l’enquête, qui inclut d’importantes saisies de produits contrefaits.
« Nous devons impérativement redresser les pratiques commerciales et rétablir le respect de la loi dans cette ville », a déclaré le procureur, ajoutant qu'il pourrait y avoir des conséquences, y compris la confiscation éventuelle du marché, qui appartient actuellement à un seul propriétaire.
Le directeur régional des douanes, Michael Lachaux, a également souligné que la contrefaçon est un fléau particulièrement préoccupant à Marseille, ayant engendré près de 11 millions d’euros de saisies cette année. « Cet écosystème criminel pourrait générer jusqu’à 15 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel », a-t-il affirmé, mettant en avant l’ampleur constatée par les douanes lors de leurs inspections.
La lutte contre ce commerce illicite s’intensifie, et des opérations douanières vont se poursuivre pour tenter d’assainir le secteur. Le marché du soleil, bien qu'illustre, pourrait être l’un des grands perdants de cette bataille contre la contrefaçon.







