Des parents en émoi face aux violences dans le périscolaire

Des parents inquiets retirent leurs enfants du périscolaire face à des violences grandissantes.
Des parents en émoi face aux violences dans le périscolaire
Flickr - CC Commons
Les signalements de violences verbales, physiques et sexuelles dans le périscolaire se multiplient en France, particulièrement à Paris, où une cinquantaine d'agents ont été suspendus ces trois dernières années. Une inquiétude qui englobe désormais des parents de tout le pays.

Suite aux récentes révélations concernant les abus dans les structures périscolaires, Angèle L., mère de deux garçons âgés de 7 et 6 ans, a décidé de ne plus les confier à ces services. Pour les vacances d'hiver, elle se réjouit de pouvoir les garder avec elle. "Ils vont rester avec moi", déclare-t-elle, bien que l'école primaire qu'ils fréquentent ne soit pas touchée par ces accusations.

Malgré l'absence de problèmes signalés dans son école, Angèle ressent une inquiétude grandissante : "À force d’entendre des histoires sordides, on devient méfiants. Un changement de personnel a rendu la situation encore plus troublante, sans explications sur les remplacements", souligne-t-elle.

Elle exprime son malaise face à la possibilité que des personnes non qualifiées, voire dangereuses, puissent encadrer des enfants. Les animateurs, souvent sans supervision d'enseignants ou de la direction, renforcent son sentiment d'insécurité. Elle révèle : "On n’est pas à l’intérieur pour savoir ce qu'il se passe".

Cependant, la réalité de la vie quotidienne ne lui laisse pas beaucoup d'options. "Je travaille seule, donc ils vont à la cantine et parfois à la garderie. Je n'ai souvent pas le choix dû à mon emploi du temps chargé", confie-t-elle.

La confiance des parents envers le périscolaire a été sérieusement ébranlée ces derniers mois. De nombreux témoignages d'enfants, parfois très jeunes, ont conduit à des plaintes. À Paris, plus de 50 animateurs ont été suspendus suite à des allégations d'agressions sur mineurs. La Défenseure des enfants de Paris a récemment rapporté avoir reçu 150 signalements, surtout liés à ces services.

Le système D pour contourner le périscolaire

Juliette*, cadre dans une entreprise, vit dans l'angoisse, ayant appris que ses enfants avaient été témoins de violences au sein de la cantine. Les animateurs concernés ayant été suspendus, elle s'inquiète du transfert d'un parmi eux dans un autre établissement sans précautions.

Impuissante, elle déclare : "C'est inacceptable. On confie nos enfants à des personnes qui posent problème et parfois, ce sont celles qui ont été déplacées d'autres écoles. La sécurité est loin d'être garantie". Elle explique qu'elle et son mari s'organisent pour réduire le temps que leurs enfants passent dans ces services.

L'illusion de la sécurité

"On tente de trouver des solutions, mais c'est compliqué. On essaie de solliciter nos proches pour pallier ces lacunes", raconte-t-elle. Les grands-parents à Bordeaux sont mobilisés pour garder leurs petits-enfants pendant ces congés.

"On se partage les enfants entre parents, une vraie solidarité s'est créée. Heureusement que cela existe", indique-t-elle.

Laura*, une autre mère, a pris la décision de retirer son enfant de toutes les activités périscolaires, attendant des réponses des autorités. "Nous ne sommes pas paniqués, mais la sécurité n'est pas assurée et les réponses sont floues", se plaint-elle.

Silence complice

"Je n'ose plus le laisser qu'à l'école, car le fonctionnement de ces structures laisse à désirer", ironise-t-elle, ayant pu constater les dysfonctionnements lors d'une journée d'observation avec un représentant de la mairie. "La promesse de sécurité était une illusion; nous avons dû attendre l'émission Cash Investigation pour voir quelques animateurs suspendus".

Aujourd'hui, Laura prend des mesures pour protéger sa fille durant les heures périscolaires, une démarche qui a des répercussions sur sa recherche d'emploi. "Je ne veux pas qu'il soit déscolarisé, malgré le manque de confiance. On se sent désarmés", conclut-elle.

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12:16

Une enquête administrative a été lancée par la mairie de Paris suite à l'enquête de médias. Un signalement a également été fait au Parquet conformément à l'article 40 du code de procédure pénale et la ville a déposé plainte.

Les deux femmes, qui préfèrent garder l'anonymat, déplorent que le bien-être des enfants n'ait pas été la priorité dans cette affaire. "Si on avait pris au sérieux la parole des enfants, on n'en serait pas là", conclut Juliette.

* Les prénoms ont été modifiés pour préserver l'anonymat des personnes interrogées.

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