REPORTAGE. Ce samedi 21 février, à 15 heures, la place Jean-Jaurès à Lyon s'apprête à accueillir plusieurs milliers de personnes venues rendre hommage à Quentin Deranque. Une semaine après son décès tragique, provoqué par une agression mortelle par des militants antifascistes, ses proches s'organisent pour un rassemblement mémorable.
Des jeunes âgés de 18 à 30 ans, armés de détermination et d'un léger sourire pour dissimuler leur chagrin, s'affairent pour que cette commémoration soit « la plus belle et la plus digne ». Ils ne correspondent pas aux caricatures véhiculées sur la droite radicale, mais se réunissent régulièrement, que ce soit autour d'un café ou lors de messes dominicales. Ils refusent que la mémoire de Quentin, cet étudiant de 23 ans, devienne un symbole de violence.
Un des organisateurs explique : « Il était à toutes les manifestations, sans réaliser qu'un jour, ce serait pour lui. » Le rassemblement, prévu à la place Jean-Jaurès, regroupe des milliers de personnes touchées par la tragédie.
Malgré la douleur, la colère envers ce qui est perçu comme une injustice ne doit pas se transformer en violence. « Quentin n’aurait pas voulu de vengeance », confie Jeanne-Marie, un des membres de son entourage. En quelques jours, les amis de Quentin ont recouvert la métropole d'affiches et de tracts pour sensibiliser le public à cet hommage. Les forces de l'ordre, comprenant la CRS 83 et des gendarmes, seront là pour veiller au déroulement pacifique de la manifestation.
Des membres de divers mouvements identitaires de toute la France, ainsi que d'autres inquiétudes, se dirigent vers Lyon. Les organisateurs ont mis en place des directives strictes pour éviter toute provocation. « Nous avons eu de nombreuses réunions pour s’assurer que tout se passe bien », assure l'un des organisateurs. La préfecture a également salué l’approche pacifique de l'événement, insistant sur l'absence d'expression politique.
La tension est palpable. La veille du rassemblement, certains craignent que cette mémoire ne soit entachée par des incidents. Le maire de Lyon, qui a exprimé des réserves sur la tenue de cet hommage, a vu ses préoccupations répétées par des commerçants inquiets. Pourtant, de simples habitants, comme Michel, un proche de Quentin, sont déterminés à se rendre à l'hommage, refusant d'être intimidés. « Les mots sont dits », dit-il, alors qu'il se recueille sur le lieu de la tragédie.
A 15 heures, les participants affronteront un mélange de vigilance et de détermination. Alors que certains hésitent à se rendre à l'événement, d'autres, comme une automobiliste avec son chien, sont décidés à montrer leur respect et leur solidarité.







