Le verdict imminent du procès pour un double homicide lié à d'importants chefs présumés de la DZ Mafia, prévu pour le 14 avril, suscite des inquiétudes. Malgré les efforts de la justice, le trafic de drogue à Marseille demeure florissant, soutenu par des relais bien implantés et des leaders toujours en liberté, souvent cachés à l'étranger.
Malgré les mesures judiciaires, la situation sur le terrain semble relativement inchangée. Ce mardi, Gabriel Ory et Amine Oualane, présumés chefs de la DZ Mafia, devraient connaître leurs peines. La cour d’assises d’Aix-en-Provence a requis la perpétuité avec 22 ans de sûreté pour Ory et 18 ans de prison pour Oualane, en lien avec un assassinat survenu avant la formation de ce groupe criminel.
À la Castellane, un des principaux foyers de la délinquance, les trafiquants ont rapidement réinvesti le secteur. À proximité, à la Bricarde, des dispositifs anti-police témoignent d’une organisation criminelle bien rodée. Eliott, un habitant du quartier, témoigne : "Il n’y a pas un grand changement au niveau du business, les trafiquants sont présents depuis des années. Même avec les arrestations, l'activité perdure."
Dans les quartiers du sud de Marseille, le climat d'insécurité perdure. Asa, qui croise régulièrement des dealers, confie vivre dans une "certaine crainte" : "On n’est à l’abri de rien. Pour moi, ça ne s’arrêtera jamais."
Des chefs incarcérés… mais une organisation qui s’adapte
Actuellement, plusieurs figures emblématiques de la DZ Mafia purgent leur peine dans des établissements de haute sécurité, notamment à Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe. Bien que cela complique la gestion du réseau, cela n’entrave en rien leurs activités illégales. Selon des experts en criminologie, la dynamique adaptable de ces organisations criminelles pose un défi permanent pour les forces de l'ordre.
« Le trafic de drogue est une entreprise lucrative qui attire des remplaçants, même parmi les plus jeunes », souligne un agent de la police judiciaire sous couvert d'anonymat. Les autorités continuent de surveiller de près ces évolutions, mais le chemin vers un réel changement semble encore long.







