Ce lundi 13 avril, une cinquantaine d’avocats se sont rassemblés devant le Palais de Justice de Nice pour exprimer leur mécontentement face à la réforme de la justice criminelle, présentée par Gérald Darmanin. Leur principale préoccupation concerne l'instauration du 'plaider coupable', une procédure censée réduire les délais de jugement.
Ce rassemblement était l'occasion pour ces avocats, habillés de leurs robes noires, de faire entendre leur voix. Ils s'indignent notamment de l'absence de débat et de procédure qui pourraient résulter de cette réforme. Le concept consiste à faire reconnaître les faits par l'accusé, à accepter une peine proposée par le parquet, le tout avec l'accord de la victime. Comme l'explique Julien Prandi, avocat au barreau de Nice : 'Le temps du procès est crucial pour le processus de reconstruction des victimes. En optant pour le plaider coupable, on les prive de cette possibilité.'
Une réforme qui soulève des interrogations
Actuellement, près de 6 000 dossiers criminels attendent d'être jugés en France. Bien que le ministre de la Justice affirme que cette nouvelle procédure permettra de « décharger » les tribunaux, les avocats s'interrogent sur le prix à payer. Le bâtonnier de Nice, Maître Cédric Portero, insiste : 'Si la solution est seulement de réduire les procédures, alors pourquoi ne pas remplacer les juges par des intelligences artificielles ? Le véritable problème réside dans le manque de moyens affectés à la justice en France.' Selon les avocats, Nice souffre d'un manque de personnel, avec 35 greffiers absents.
Face à cette situation, les avocats demandent le retrait immédiat du projet tel qu'il est proposé.







