Le contexte de la marche en hommage à Quentin Deranque, un jeune homme tué récemment, a pris une tournure préoccupante à Lyon, où environ 3 200 personnes se sont rassemblées. Malgré une ambiance généralement calme, des incidents perturbants ont marqué l'événement, poussant la préfecture à envisager des poursuites judiciaires.
La préfecture du Rhône a informé qu'elle allait signaler à la justice des gestes inacceptables, notamment des saluts nazis et des propos racistes et homophobes, qui ont été documentés sur des vidéos circulant sur les réseaux sociaux. Un porte-parole a précisé que "au moins deux personnes" ont été vues faisant de tels gestes, incitant à une réaction ferme de la part des autorités.
Aliette Espieux, l'organisatrice de la marche, a tenu à condamner fermement ces comportements, tout en défendant l'intégrité de l'événement, arguant qu'il s'agissait d'applaudissements populaires plutôt que d'un soutien à des idéologies extrêmes. Pourtant, les témoignages d'autres personnes présentes contredisent cette affirmation, notamment un participant qui a été filmé effectuant plusieurs saluts suspects, laissant peu de place au doute quant à la nature de ses gestes.
Des cris chargés de haine tels que "à bas les bougnoules" ou des insultes homophobes ont également été entendus, bien que rapidement réprimés par des membres du service d'ordre, qui avaient pour mission de maintenir l'atmosphère calme, suite à des consignes explicites des parents du défunt, réclamant une marche pacifique. Toutefois, les tentatives de dissuasion semblent avoir des retombées, car plusieurs journalistes se sont vu refuser l'accès pour filmer ces débordements.
Un ensemble de figures controversées, dont des militants d'extrême droite, étaient également présentes à cette marche. Le quotidien Libération a souligné la présence d'individus connus pour leurs comportements agressifs et leurs discours haineux, comme Alexandre Gabriac et Marc de Cacqueray-Valmenier, qui ont une réputation bien ancrée dans la violence et l’antisémitisme.
La réaction du ministre de l'Intérieur, particulièrement mise en avant par Manuel Bompard, coordinateur de LFI, interroge les autorités sur la légitimité de telles manifestations. Ce dernier a appelé à une vigilance accrue, pointant du doigt les dangers que représentent de tels rassemblements sans contrôle suffisant.
Ainsi, alors que la marche se voulait un hommage à une victime, elle a paradoxalement révélé les fractures sociales et les tensions persistantes en France, invitant à une réflexion approfondie sur la lutte contre l'extrémisme.







