Une récente étude menée par le service de renseignement sur la criminalité organisée révèle une tendance marquante : les réseaux criminels, notamment ceux liés au narcotrafic, recrutent de plus en plus de femmes. Bien que la plupart d'entre elles occupent des postes subalternes, certaines parviennent à prendre les rênes de ces organisations, comme l'explique Bertrand Monnet, professeur à l'École des hautes études commerciales (EDHEC) et spécialiste de l'économie du crime.
Selon le rapport diffusé par franceinfo, le recrutement féminin dans le milieu criminel s'inscrit dans un contexte d'exploitation des vulnérabilités sociales. Bertrand Monnet précise que « l'implication des femmes dans le narcotrafic s'explique par leur précarité initiale, mais également par la promesse d'un gain rapide ». Les réseaux utilisent des plateformes telles que Snapchat et Telegram pour cibler ces nouvelles recrues. À Marseille, un narcotrafiquant aurait même choisi exclusivement des femmes pour ses opérations de livraison.
Un rôle limité et souvent dangereux
Les femmes sont souvent perçues comme « des ressources jetables » au sein des organisations criminelles, admet Monnet. Leur rémunération est généralement faible, atteignant tout au plus quelques dizaines de milliers d'euros, qui ne reflètent pas les dangers auxquels elles font face. « Si elles sont arrêtées, leur coût pour l'organisation est minime car elles ne nécessitent pas de soutien continu », déplore-t-il.
Des exceptions notables à l'étranger
Bien qu'il soit rare de voir des femmes à des postes de leadership au sein des organisations criminelles en France, des exemples existent à l'international. Monnet évoque le cartel brésilien Comando Vermelho, où une femme dirige des opérations cruciales. En France, certaines femmes d'origine étrangère, comme celles impliquées dans des réseaux de proxénétisme, exercent également un contrôle significatif.
Les experts soulignent que les alliances entre organisations criminelles, souvent réalisées par des mariages stratégiques, ne sont pas encore observées en France. Cependant, ce phénomène est courant dans des pays comme l'Italie, où des unions entre chefs de gangs sont monnaie courante.
Alors que la dynamique du narcotrafic évolue, il est impératif de continuer à analyser la place croissante des femmes dans ces réseaux et les implications sociétales de leur recrutement.







