La librairie de Malaucène, située dans le Vaucluse, a fait l'objet d'un rachat collectif par environ 200 personnes en juillet dernier, transformant son modèle commercial en une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). À l'initiative de cette démarche, Corinne Barthet-Robert, la libraire actuelle, qui prévoit de prendre sa retraite dans deux ans, a voulu offrir aux habitants et élus l'opportunité d'acquérir des parts et ainsi de garantir la continuité de ce commerce vital. Cette initiative a été entièrement réalisée en deux ans.
Corinne a souligné la complexité de trouver un seul repreneur, surtout dans un milieu rural. "Reprendre une librairie comme celle-ci, c'est un défi. Le secteur est exigeant, et peu de jeunes entrepreneurs disposent des ressources nécessaires pour se lancer sur ce marché", a-t-elle expliqué. C'est dans ce contexte qu'elle a proposé l'idée de la coopérative, où chaque membre, qu'il soit habitant ou représentant d'une institution locale, a voix au chapitre, indépendamment du nombre de parts détenues. Une part dans cette initiative coopérative coûte seulement 50 euros.
Le soutien de la mairie de Malaucène, devenue coopératrice, et d'autres acteurs locaux, a été essentiel pour cette transformation. "Quand on est en milieu rural, l'entraide est cruciale. Si on ne se serre pas les coudes, rien ne peut fonctionner", a affirmé Corinne. En parallèle, deux nouveaux libraires, Pierre Brunet et Lucie Pascal, ont été recrutés pour gérer l'affaire, illustrant ainsi une transmission en douceur. Lucie a même décrit cette transition comme "un filet de sécurité", permettant une continuité dans le service offert.
Corinne Barthet-Robert, toujours présidente de la coopérative, espère passer définitivement le flambeau dans deux ans, mais elle reste disponible pour guider ses successeurs. Le succès de ce projet a dépassé ses espérances, avec des habitants, qu'ils soient résidents à plein temps ou saisonniers, venant acheter des parts pour préserver une librairie qui, dans un village de moins de 3000 habitants, est un symbole de la culture locale. "Il y a des personnes qui, même avec peu de moyens, ont voulu faire leur part parce qu'elles croient à l'importance de garder une librairie. C'est une institution fragile", a-t-elle partagé.
Cette initiative montre comment, à l’échelle d’une petite commune, il est possible d’imaginer un avenir collectif et solidaire autour de la culture et de la lecture. Source.







