Le 20 février, la chambre disciplinaire de l'ordre des médecins du Grand Est a rendu une décision inhabituelle. Un ancien chirurgien de la clinique Saint-André, situé à Vandœuvre-lès-Nancy, a été sanctionné pour avoir harcelé neuf infirmières. Cette mesure l'interdit d'exercer pendant trois mois, dont une partie avec sursis.
Ce spécialiste en chirurgie orthopédique a reconnu le harcèlement moral, des comportements inappropriés dénoncés par les infirmières qui ont porté plainte auprès du conseil départemental de l'ordre des médecins. Chantal Rodríguez, une infirmière ayant témoigné dans cette affaire, a déclaré : "Il était extrêmement humiliant et cela affectait notre travail quotidien".
Maître Antoine Fittante, avocat des plaignantes, se félicite de cette décision. Il souligne que la juridiction a reconnu le manquement à la déontologie du procès et le caractère éthique de l'affaire. "Nous sommes heureux que la chambre ait entériné nos propos sur les agissements répétés qui portaient atteinte à la dignité des infirmières", a-t-il affirmé.
Les accusations portent notamment sur des remarques dégradantes, telles que "tu peux dégager de la salle", et des allusions au niveau de compétences des infirmières, comme "c'est niveau CAP". Les plaignantes ont rapporté que le chirurgien exigeait régulièrement plus de matériel qu'il n'en avait besoin, créant ainsi des dysfonctionnements qui mettaient en danger la qualité des soins.
Actuellement éloigné de la clinique Saint-André, le chirurgien exerce désormais dans le Pays-Haut. Il a dénoncé un complot à son encontre et envisage de faire appel de la décision. Ses avocats, tout en évitant de faire des commentaires détaillés sur cette intention, ont toutefois affirmé que "mes clientes sont prêtes à poursuivre le combat". Cette affaire illustre la nécessité d'un environnement de travail respectueux et éthique au sein des établissements de santé.







