Mercredi 25 février, un rassemblement atypique a eu lieu devant la mairie de La Brède, avec des membres du collectif Enfantiste 33 qui ont choisi d'élever la voix pour les victimes des abus survenus au collège Rambaud. Les témoignages d'anciens élèves continuent de réveiller un malaise profond dans la commune, comme l'indique Caro Fabre, co-référente du collectif. "Des violences physiques et sexuelles ont eu lieu ici, nous sommes là pour porter leur parole," lance-t-elle avec émotion.
En ce jour de marché, malgré un ciel radieux, l'atmosphère est tendue. Les clients semblent hésitants, parfois curieux mais souvent réticents à aborder le sujet. "C’était il y a longtemps, à quoi ça sert maintenant ?" murmure une habituée, tandis que d'autres préfèrent ignorer le stand où des flyers sont distribués.
Les récents témoignages, relayés par les médias dont Rue89 Bordeaux, évoquent des violences physiques répétées au collège Rambaud, ainsi que des agressions sexuelles imputées à des surveillants aujourd'hui décédés. Si ces faits sont prescrits, la direction diocésaine a jugé nécessaire de signaler l'affaire au parquet de Bordeaux, entraînant l'ouverture d'une enquête préliminaire.
Des faits prescrits
Les récits des anciens élèves dévoilent un tableau troublant : humiliations, gifles et coups sont décrits comme des pratiques courantes. Le nom du maire actuel, Michel Dufranc, est associé à des violences physiques. En réponse aux accusations, il a admis avoir donné des gifles par le passé, tout en suggérant que ces pratiques étaient monnaie courante à l'époque. En revanche, rien ne relie son nom aux violences sexuelles rapportées, comme le souligne Arnaud Fusté Lambezat, un des témoins.
Un climat de méfiance
La réaction des habitants de La Brède face au rassemblement des victimes est révélatrice d'un climat de méfiance. "Il est rare d'être reçu de la sorte dans cette commune," remarque Steffie Lerouge, membre du collectif. Les propos du maire, perçus comme minimisant les conséquences des abus, suscitent l'inquiétude et la colère parmi les membres du collectif. Les gendarmes, appelés sur place, demandent finalement aux militantes de quitter les lieux, laissant un sentiment d'incompréhension peser sur le marché. "Si nous déclarons notre rassemblement, nous savons qu'on ne nous permettra pas d'être ici," confie l'une des militantes.
Alors que la vie du marché reprend, les conversations se font plus discrètes, la communauté pesant le poids d'un passé douloureux qui, malgré les années, refuse de se taire.







