L'armée israélienne a annoncé, ce jeudi, que le correspondant à Gaza de la chaîne d'information Al Jazeera, Mohammed Wishah, tué lors d'une frappe de drone la veille, était en réalité un membre du Hamas se cachant derrière le statut de journaliste.
Al Jazeera a exprimé son indignation après la perte de l'un de ses journalistes, dénonçant un acte « délibéré et ciblé » visant à intimider la profession journalistique dans un contexte déjà tendu. Une situation que l'ONG Reporters sans frontières (RSF) qualifie de « meurtre », soulignant que Mohammed Wishah est le deuxième journaliste à être tué par l'armée israélienne depuis le début du cessez-le-feu, après Amal El Shamali, abattue par un drone en mars 2026.
Malgré un cessez-le-feu instauré en octobre 2025, les opérations israéliennes se poursuivent dans la bande de Gaza, où les répercussions du conflit de plus de deux ans et demi se font toujours ressentir. Les militaires affirment que ces frappes visent exclusivement des membres du Hamas.
Dans un communiqué officiel, l'armée israélienne a indiqué avoir « éliminé » un agent du Hamas, perçu comme une menace pour ses forces militaires dans la région. Le communiqué précise également que Mohammed Wishah était un « membre clé » d’une structure chargée d'élaborer des roquettes et des armements pour le Hamas.
En réponse, Al Jazeera a annoncé son intention de mener des actions juridiques afin de poursuivre les responsables du meurtre de ses journalistes à Gaza, réclamant justice tant pour Wishah que pour tous les reporters tombés sur le terrain.
Selon RSF, depuis le début des hostilités en octobre 2023, plus de 220 journalistes ont été tués à Gaza, dont au moins 70 en pleine couverture de leurs fonctions. L'ONG a appelé la communauté internationale à prendre des mesures pour mettre fin à l'impunité qui entoure les crimes commis contre des journalistes dans cette enclave assiégée, toujours soumise à un blocus.







